XX CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
population libre et privilégiée de la cité, tombaient dans le découragement et dans une oisiveté funeste. L'idée de la société se recueillant en elle-même, pour ne chercher le bien-être, la richesse et le progrès que dans le développement plus actif et plus intelligent de ses ressources, par un travail volontaire, n'apparaît que faiblement dans rantigu\té. Celle-ci ne nous offre qu'une suite de monarchies, de républiques et de hgues plus ou moins durables, tour à tour conquérantes ou subjuguées, envahissantes ou envahies, dont la puissance, fondée sur le droit du plus fort, succombe de même. Sous tous ces rapports, Rome, qui eut plus qu'aucune autre cité le génie de la conquête et de la domination, ne fut pas plus heureuse que la plupart des États tombés avant elle ou sous ses propres coups, et l'empire romain, dans sa grandeur comme dans sa chute, n'a fait que reproduire la même destinée avec plus d'éclat et sur une plus grande échelle. C'est qu'au fond la société n'avait, en raison de la nature de son organisation même, dans ces États célèbres, d'autre alternative que de suivre une marche politique toujours envahissante, ou de vivre d'agitations civiles, pour ne pas croupir. Déjà, dans les derniers temps de la république romaine, les riches, à moins de se livrer aux fureurs des luttes de partis et des guerres intestines, ne pouvaient plus songer qu'à jouir; les pauvres, la multitude, s'habituant de plus en plus à regarder le droit de se faire nourrir par l'État comme leur apanage, durent s'avilir. Ainsi, la corruption ne tardant pas à devenir générale et irrémédiable, la durée de quelques générations suffit pour transformer la grande majorité du peuple-roi en un peuple de prolétaires mendiants. Ce fut naturellement pis encore quand, par suite de l'extension nécessaire du droit de cité