LIVRE II. — LA COUR
avoir surtout été le signe distinctif pour la livrée des domestiques de la cour. Alexandre Sévère', qui visait en tout à la simplicité, ne faisait jamais paraître ses domestiques en habits brodés d'or, même dans les festins publics, et il y interdit pareillement l'emploi de la vaisselle d'or. Mais son règne, à cet égard, formait une exception, non moins que celui de Marc- Aurèle *.
^ Vie d' Alexandre Sévère , chap. xxxiv. — Voir aussi chap. xxiii [ihid.). et , à l'appui de ce qui précède , le passage suivant d'Ammien Marcellin , XXVI , 6,15 : tunica auro distinctus ut regius minister, indutus a calce in pubem in pœdagogiani pueri speciem , purpureis opertus tegminibus pedum.
* Quoique l'adulation fût poussée très-loin à Rome, les artistes, comme l'a fait remarquer Winckelmann , dans son Histoire de l'Art (IV, chap. m), y conservèrent longtemps, dans leurs ouvrages, les égards dus au sentiment de la dignité de l'homme , ou commandés autrefois par les fières susceptibilités de l'esprit républicain. Aussi, les empereurs romains ne figurent-ils même jamais sur les monuments pubUcs avec des attributs de la royauté proprement dite. Le vêtement le plus remarquable dans leur costume, à part les excentricités de certains princes, était la chlamyde de pourpre. La laine surtout et le lin, puis le coton et l'espèce particulière de soie mentionnée par rline l'Ancien , servaient à leur habillement comme à celui de leurs sujets. Heliogabale fut le premier qui portât des étoffes tissues de soie , sans mélange. Il est vrai que les premières effigies des empereurs sont ornées de diadèmes ou de simples bandeaux; mais le diadème, jadis si odieux aux Quirites, n'était dans l'origine , pas plus que la couronne , exclusivement un insigne monarchique. Il ne paraît avoir été formellement adopté comme tel que plus tard, quand Dioclétien régularisa le cérémonial de la c.our et y introduisit toute la pompe de l'Orient. La couronne radiée j, ou composée de rayons, ne se donnait aux princes qu'après leur mort, en signe d'apothéose. C'est à ce titre qu'elle orne , sur des camées et des médailles, les têtes de Jules César et d'Auguste. Néron seul la prit de son vivant, par suite de sa manie de se faire adorer comme un nouvel Apollon. On la retrouve sur les médailles de beaucoup d'empereurs du troisième siècle. A dater de Constantin, elle fut remplacée par le diadème , souvent relevé par des perles ou par des diamants , et que ceignirent aussi les impératrices , depuis la môme époque. L'usage des perles
date surtout de Dioclétien, qui en porta jusque sur la chaussure. Ce fut alors que la profusion d'ornements opéra, dans le costume, des altérations de forme sous l'apparence de roideur et de bizarrerie desquelles disparut entièrement ce qu'il avait d'élégant, de noble et de majestueux dans sa simplicité première. {Noie du traducteur.)