‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 99 sur 266 · LIVRE II. — LA COUR · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LA COUR

taires, de paraître en tenue ne date, à ce qu'il paraît, que de la seconde moitié du même siècle*.

Bien que la manière de traiter les convives, à la table impériale, dût être à peu près la même qu'à celle des grands, il y avait cependant dans la vaisselle , la décoration et le service , des différences qui ne prirent un caractère fixe que peu à peu, selon toute probabilité seulement vers la fin du premier siècle, sans préjudice de variations de moindre importance à toutes les époques. Nous n'avons sur ce point , comme sur beaucoup d'autres semblables, que des renseignements épars et fortuits. Marc- Aurèle, pour couvrir les frais de la guerre contre les Marcomans, organisa une grande vente publique de beaucoup d'objets précieux du ménage impérial, comprenant des coupes d'or, de cristal et de l'espèce de cailloutage ou de porcelaine appelée murra. Ces sortes de ventes, par parenthèse, n'étaient pas rares. Il yen avait eu déjà sous Caligula, Nerva, Trajan, Antonin le Pieux, et il en est aussi fait mention sous Pertinax. Plus tard, ledit Marc- Aurèle fit aux acheteurs de ces objets la proposition de les lui rendre contre remboursement du prix payé par eux, mais sans leur en faire une obligation, et en laissant aux grands loute liberté d'employer à leurs festins la même vaisselle et les mômes garnitures de table que lui-même^, comme aussi de faire usage de housses en drap d'or, pour recouvrir les sophas {triclinia) sur lesquels on prenait place à dîner ; cependant, aucun sujet ne paraît avoir usé de cette dernière permission avant Héliogabale, qui devint plus tard empe-

1 Vie de Gallien, chap. ii, et des Trente Tyrans, chap. xxiii. — Voir aussi Suétone , César, chap. xlviii.

- Vita M. Antonini, chap. xvii et xxi. — Aurélius Victor, Epitome, 16, 8. — Eutrope, VIII, 13.

reur^ L'usage de la vaisselle d'or à table, en particulier, paraît avoir été un privilège impérial, depuis qu'en l'an 16 Tibère Tavait défendu aux particuliers, en dehors des sacrifices du culte 2. Aurélien dut accorder expressément la permission de s'en servir à qui le désirerait^ Dans la livrée aussi mainte distinction extérieure fut regardée, avec le temps, comme un attribut exclusif de la domesticité impériale. Déjà Domitien prit mal que le gendre de son frère habillât de blanc ses domestiques et en exprima son mécontentement par la citation d'un vers d'Homère, ainsi conçu : « La domination de plusieurs ne porte jamais bonheur; il faut un seul maître! » trait que l'on rapporte, il est vrai, comme une preuve d'autant plus frappante de son orgueil de prince qu'il est antérieur à son avènement au trône "*. Marc-Aurèle avait appris de son père qu'on peut vivre à la cour sans l'escorte de gardes du corps , une magnificence extraordinaire de costume et tout cet appareil des pompes impériales^ dans lequel n'avait pas tardé à figurer également, au deuxième siècle, l'usage emprunté, comme tant d'autres, à l'ancienne cour de Perse, et dont il est fait mention dans Hérodien^, de porter le feu devant l'empereur. Il est certain pourtant que, sur tous ces points, une étiquette fixe ne s'établit que très-tard. On rapporte expressément d'Aurélien qu'il ne changea pas la livrée de ses esclaves en devenant empereur^. L'or paraît

1 Vita Elagahali, chap. xix.

2 Dion Cassius, LVII, 15. — Tacite, Annales, II, 33.

^ Vie d'Aurélien, chap. xlvi. — Voir aussi celle d'Alexandre Sévère, chap. XXXIV et xxxvii.

* Suétone, Domitien , chap. xii.

^ Vita M. Antonini, I, 17.

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