‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 107 sur 266 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lie Jiénat.

Position du sénat vis-à-vis de l'empereur. — Disparition des anciennes familles. — Hommes nouveaux sortis de l'ordre équestre, des provinces et du troisième ordre. — Considération dont jouissait encore l'ancienne noblesse. — Age des familles les plus anciennes. — Richesse des sénateurs. — Le cens sénatorial n'est que le minimum du revenu dont ils avaient à justifier. — Nécessité d'un état de maison conforme au rang des membres de cet ordre. — Dépenses qu'entraînaient les emplois sénatoriaux et les jeux. — La loi ne permet aux sénateurs de placer leur fortune qu'en terres et en prêts. — Des emplois lucratifs leur sont réservés. — Bénéfices de leurs fonctions d'avocats plaidant en justice. — Appauvrissement de beaucoup de familles sénatoriales, assistées par les empereurs et les autres membres de l'ordre. — Riches mariages des sénateurs. — Prix que l'on attachait à l'obtention de charges curules. — Caractère de la transformation qu'elles subissent dans la nouvelle hiérarchie. — Insignes des sénateurs.

Le pouvoir suprême qui, sous la république, résidait dans le peuple, passa nominalement, sous la monarchie, au sénat. Celui-ci eut ainsi, d'après la constitution, le droit de transférer et de retirer la souveraineté, c'est-àdire d'instituer et de déposer les empereurs, droit qu'il n'exerça, il est vrai, que dans des circonstances exceptionnelles, mais que les empereurs reconnaissaient, formellement du moins, puisqu'ils se faisaient confirmer par ce corps. Par rapport au sénat, les empereurs n'étaient que les premiers entre égaux; les membres de cet ordre étaient donc leurs pairs dans la véritable acception du mot. Tous les empereurs des deux premiers siècles, à l'exception de

Caligula, de Néron, de Domitien et de Commode, s'appliquèrent, extérieurement du moins, à maintenir ces rapports en principe, dans la mesure de leur convenance.

Même au commencement de l'ère impériale, le nombre des familles de l'ancienne noblesse, dans le sénat, ne pouvait plus être considérable. Plusieurs, comme celles des Atilius, des Mélellus, des Curius, des Fulvius, s'étaient éteintes naturellement, ou avaient péri dans les guerres civiles; d'autres étaient tombées sous les proscriptions^ sous celles des triumvirs en dernier lieu, dont les arrêts n'atteignirent pas moins de 300 sénateurs et 2,000 chevaliers^; d'autres encore s'éteignirent dans les premiers temps de l'empire, comme les Émilius Scaurus^, ou, réduites à une piteuse indigence, comme les Hortensius, encoururent ainsi la privation des droits de leur ordre et se perdirent dans les rangs des ordres inférieurs^ Nous avons déjà vu comment furent ensuite remplies ces lacunes. L'ordre équestre tout d'abord resta comme une pépinière du sénat. 11 n'était probablement pas rare que des fils de chevaliers très distingués fussent élevés à la dignité de membres du premier ordre, pour les mérites de leurs pères, lors même qu'on laissait ceux-ci dans le second. Ainsi le fils d'un C. Jules Celse, qui avait été investi de plusieurs procurations, notamment en dernier lieu de celle à libellis et censibus, fut élevé, dès l'âge de quatre ans, au rang de sénateur par Antonin le Pieux ^ Toutefois, ce

1 Tacite, Annales, I, 2.

2 Appien, B. C, IV, 5.

^ Tacite , Annales, XI , 29.

4 rbid., II, 38.

^ Voyez Henzen , 6929 : In amplissimum ordinem adlectus ; et , pour la qualité de père de sénateur, dans les inscriptions, Orelli, 804, 3719.

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