LIVRE m. — LES TROIS ORDRES
remède souverain contre la goutte ^ En général, les patients avaient plus de confiance dans les étrangers 2. Cependant il y eut aussi des médecins romains notables et courus, surtout parmi les médecins de la cour, dans les premiers temps de l'empire. Vettius Valens, que nous avons déjà nommé comme un des médecins de celle de Claude, appartenait même à l'ordre équestre, auquel furent peut-être souvent aussi promus d'autres médecins de la cour, tels que, par exemple, l'affranchi Antoine Musa, qui avait sauvé, par l'application hardie d'un traitement hydrothérapeutique, Auguste déjà condamné par les autres médecins.
Comme on ne connaissait, dans l'antiquité, ni l'épreuve des examens, ni le principe de la responsabilité des médecins, nombre de gens sans vocation ni instruction spéciale, des classes inférieures surtout, se mêlaient d'y exercer l'art de guérir, qui devenait très profitable en cas de succès. Cordonniers, charpentiers, teinturiers, forgerons, croque-morts, renonçaient à leurs métiers pour se faire médecins; ou vice versa, ce qui fil dire à MartiaF :
Nuper erat medicus, nunc est vispillo Diaulus. Quod vispillo facit, fecerat et medicus.
Les préparateurs d'onguents et de produits pharmaceutiques marquaient déjà comme des personnages parmi tous ces charlatans. Galien assure que la plupart de ceux qui, de son temps, se vouaient à la profession médicale ne
1 Lucien, Tragodop.y 265. — Voir aussi Galien, éd. Kulin, XIV p. 389 {de parabilibus).
2 Pline, Hist. nat., XXIX, 17.