‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 142 sur 266 · LIVRE Iir. — LES TROIS ORDRES · texte numérisé non relu

LIVRE Iir. — LES TROIS ORDRES

aides des médecins'. Il n'y avait pas seulement des oculistes, pour le traitement des yeux, et d'autres spécialement opérateurs {clinici chirurgi ocularii), des dentistes, des médecins pour les maux d'oreilles, des sages-femmes [medicœ) pour les accouchements ^ et le traitement des autres maladies qui affectent leur sexe^, mais aussi des médecins qui s'occupaient tout spécialement de celui des hernies, des fistules, des maladies de la luette "*, etc. Martial^ a précisé quelques-unes de ces spécialités dans ces vers :

Eximit aut reficit dentem Cascellius œgrum ,

Infestos oculis iiris. Hygine, pilos; Non secat et lollit stillantem Fanniusuvam,

Tristia servorum stigmata delet Eros.

Enlerocelarum fertur Podalirius Hermès,

etc., etc.

Les médecins non chirurgiens s'abstenaient généralement, à RomC;, d'opérer dans aucun des cas qui sont du domaine de la chirurgie^*. Il va sans dire qu'il était difficile, dans ces conditions de l'exercice de la médecine, d'établir une ligne de démarcation positive entre le métier et l'art médical.

Les honoraires et revenus des médecins en renom, qui

1 Galien, in Hippocr. epid. VI Comm. , V, p. 507, éd. Kuhn, XVII, 2, p. 229.

2 Orelli, 4230, 4231.

3 Martial, XI, 71.

i Digeste, L, 13, 1, § 3 : Medicos fortassis quis accipiet etiam eos qui alicujus partis corporis vel certi doloris sanitatem poUicentur, ut puta si auricularius, si fistulœ, vel dentium. — Scribonius Largus, c. 5, 38 (à C. Jules Calliste) : Non prœterit me, habere te prudentes ocularlos.

c Galien, Meth. med., VI; éd. Kuhn, X, p. 454, etc.

avaient leur clientèle dans l'aristocratie de Rome, étaient fort élevés. Pline mentionne un cas dans lequel une somme de 200,000 sesterces (plus de 54,000 francs) fut stipulée comme récompense pour le médecin réussissant dans sa cure^ Galien^ reçut du consulaire Bœthus, pour la guérison de sa femme, 400 pièces d'or, soit près de 11,000 francs. Nous avons déjà eu l'occasion de parler des traitements accordés aux médecins de la cour et de la brillante clientèle urbaine de Stertinius. Crinas de Marseille laissa une fortune de 10 millions de sesterces, ou plus de 2,700,000 francs, après avoir fait reconstruire les murs de sa ville natale et exécuter, à ses frais, d'autres travaux non moins dispendieux ^ Le chirurgien Alcon fut condamné par Claude à une amende de 10 millions, somme qu'il regagna cependant en peu d'années, pendant son exil dans les Gaules et après son rappel à Rome ''. « Ce n'est pas la délicatesse des médecins, » dit Pline, « qui modère les demandes d'honoraires auxquelles ils savent si bien faire acquiescer les malades, au moment du danger, c'est la con~ cuiTcnce seule -^ » Le charlatanisme médical se produisait

1 Hist. nat.j XXVI, 4 : Certum est Manilium Cornutum e prœtoriis, legatum Aquitanicœ provinciee, HS CC, elocasse in eo morbo (lichene) curandum sese; puis Ibicl.j XXIX, 29 : Notum est ab eodem Charmide uniini œgrum ex provincialibus HS ducentis re (?) conductura,

2 DeprœnotadEpig.j p. 458, éd. Kuhn, XIV, p. 647.

3 Pline, HisL nat. , XXIX, 8, 9.

i Ibiil, 22.

^ Ihid.t 21 ; Ne avaritiam quidem arguam rapacisque nundinas pendentibus fatis. — Digeste, L, 13, 3 : Si medicus, cui curàndos suos oculos qui iis laborabat, commiserat, periculuni amittendorum eorum per adversa medicamenta inferendo compulit, ut ei possessiones suas contra fidem bonam teger venderet (!), incivile factum prœtor provinciœ coerceat, remque restitui jubeat. — Code Théodosien, XIII, 3, 8 : Quos (archialros) ea patiinur accipere, quie sani ofFerunt pro obsequiis, non ea

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