‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 143 sur 266 · LIVRE III. — LES TROIS ORDRES. 2r · texte numérisé non relu

LIVRE III. — LES TROIS ORDRES. 2r

SOUS toutes les formes, depuis le grave froncement des sourcils, dans les cas les plus simples', jusqu'à la préconisation de remèdes universels^ et la mode d'opérer publiquement au théâtre, devant une multitude de spectateurs ^ Une certaine publicité dans l'exercice de la pratique médicale était, il est vrai, déterminée par les habitudes mêmes de la vie antique. Les médecins faisaient leurs consultations, vendaient et délivraient leurs remèdes, faisaient même leurs opérations dans des échoppes ou boutiques ouvertes sur la rue'*. Les plus ignorants n'étaient pas les moins soucieux d'en garnir les montres de boîtes en ivoire, de ventouses en argent et de couteaux à manches dorés ^. Épictè-te dil^ que les médecins, à Rome, en étaient venus au point d'inviter directement les patients à entrer cher eux. Du reste, les exemples de médecins faisant publiquement, dans de grandes salles, des leçons accompagnées de démonstrations, comme le fit Galien au temple de la Paix et ailleurs, n'étaient probablement pas rares.

La vente des médicaments aussi, que les médecins préparaient en grande partie eux-mêmes, était pour eux une source de profits d'autant plus considérables, que, dans l'opinion commune, les remèdes les plus chers devaient être les plus efficaces^. Le mode de préparation des médica-

quœ périclitantes pro salute promiUunt. Voir aussi Code de Justinien, X, 52, 9.

1 Épictète, III, 10, 15 et ailleurs. — Celse, V, 26, 1 : Histrionis est parvam rem attollere, quo plus prœstitisse videatur.

2 Galien, De theriac. ad Pmnphiliam, p. 471; éd. Kuhn, XIV, p. 305.

3 Plutarque, De adulât, et amico, 32, p. 70. * Épictète, III, 23, 30,

5 Lucien, Adversus indoctoSj 29.

7 Pline, Hist. nat. , XXIX, 24 et 28.

ments les plus recherches était sans doute gardé comme un secret ^

Il s'est conservé plus de soixante-dix ^ échantillons de Tespèce de timbres dont on marquait les bocaux, et il se trouve, par l'elfet du hasard, qu'ils proviennent tous d*ocuhstes. Cependant, déjà Pline l'Ancien^ se plaignait d'avoir à constater que la préparation des remèdes, cette affaire capitale en médecine, commençait à être négligée parles médecins, qui, trouvant plus simple d'acheter leurs emplâtres et onguents tout préparés, chez les maichands et fabricants, étaient ainsi souvent trompés par des fournisseurs de mauvaises drogues. On retrouve des plaintes semblables dans GaUen'^. Beaucoup de médecins abusaient de leur profession non seulement pour débiter des cosmétiques^, mais aussi pour en imposer par les pratiques d'une prétendue magie et pour composer des poisons^. Criton écrivit même un Traité des consmétiques en quatre livres.

^ Scriboiiius Largus, c, 23, 97 : Ad lateris dolorem compositio mirifica, non ignorata quidem ab antiquioribus propter effectus, sed prœcipue a Pacchio Anliocho, auditore Philonidis Catinensis, usu illustrata. Fecit enira magnos quœstus ex ea propter crebros successus in vitiis diffîcillimis. Sed ne hic quidem ulli, se vivo, compositionem dédit. Post mortem autem ejus Tiberio Cccsari per libellum scriptum ad eum ex bibliothecis pubiicis posita venit in manus nostras, quara antea nullo modo extrahere potuimus, quamvis omnia fecerimus, ut sciremus quœ esset. Ipse enim clusus componebat, nec ulli suorum committebat; plura enim quam recipit ipsemet contundi jubebat pigmenta fallendi suos causa. — Voir aussi Lucien, Tragodop. , 270.

2 D'après Grotefend, Phïlol.,yM\, 122.

3 Hisl.naL,XX\y, 108.

^ De comp. med. sec. gen., III, 2, K., XIII, 571. — Voir aussi De antld., 424, K, XIV, 7.

^ Martial, X, 56, 6.

<5 Pline [Hist nat. , XXIX, 20) dit : Quid enim venenorum feracius, aut unde plures testamentorum insidise? — Galien, De facult. simpl., X, 131, éd. Kuiin, Xll, 251, etc.

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