‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 146 sur 266 · LIVRE III. — LES TROIS ORDRES · texte numérisé non relu

LIVRE III. — LES TROIS ORDRES

(les lignes de la main (chiromancie), des dés, des vases, des seaux, du fromage et du feu, et évoquaient les esprits. Arlémidore ^ , qui n'avait qu'une médiocre confiance dans les horoscopes et qu'un souverain mépris pour les espèces plus vulgaires de la divination, ne croyait, lui, qu'à l'interprétation des songes, aux présages fondés sur l'inspection du foie et des entrailles des victimes, dans les sacrifices, aux augures du vol des oiseaux et aux prophéties directement tirées des astres. C'étaient les devins de la rue qui apprenaient au cultivateur l'amélioration du temps - ou le résultat de la récolte, au marchand l'issue de l'affaire intéressante pour lui % à l'homme guettant un héritage l'époque de la mort du riche qui lui avait fait une part dans son testament. C'est même sur ce point que les astrologues étaient le plus consultés \ Des fiancés se faisaient indiquer par eux le jour le plus propice pour la noce, des propriétaires disposés à bâtir le plus favorable pour la pose de la première pierre de leur maison , des voyageurs le moment de se mettre en route. On trouve dans Apulée ^ la mention d'une somme de 100 deniers (108 fr. 75 c.) payée pour honoraires d'une consultation de cette dernière espèce.

Parmi les autres professions que mentionnent encore accidentellement les auteurs du temps, l'économie rurale et la navigation ne sauraient avoir occupé une grande partie de la population de Rome. Ce n'est pas que Colu-

1 Onirocr.,11, 69.

2 Columelle, XI, 2, 31 : In iis libris quos adversus astrologos composueram exigebatur id quod improbissime Chaldœi pollicentur, ut cerlis quasi terminis ita diebus statis aeris mutationes respondeant.

■^ Pétrone, Sat. , c. 76.

'^ Apulée, ApoL, 553. — Lucien, Dialogues des morts, 11, 1. — Galien, De prxnot. ad Epig., p. 451, éd. Kuhn, XIV, 604. '" Métamorphoses, II, 28, etc.

melle ^ ne célèbre l'agriculture comme la plus belle de ces professions, préférable à toutes les autres, parmi lesquelles il nomme l'état militaire, Tindustrie maritime et le négoce, le prêt à intérêt, le barreau et la clientèle ^.

Signalons comme des emplois certainement très-recherchés les fonctions subalternes du service auprès des magistratures et des sacerdoces ^. Elles étaient toutes accessibles aux affranchis, qui en remplissaient la majeure partie. Tous ces emplois étaient donnés à vie et rétribués; on se les procuiait aussi par achat. Les crieurs et les messagers publics étaient les plus humbles de ces officiers subalternes; les licteurs jouissaient déjà de plus de considération; mais les mieux placés, sous le triple rapport du rang, de l'influence et de la rémunération, étaient sans contredit les commis [scribœ) des questeurs et des édiles curules. Les subalternes des degrés inférieurs joignaient souvent, accessoirement, à leurs fonctions l'exercice d'un métier ou d'un commerce. On trouve des licteurs et des messagers marchands d'habits, d'huile ou de perles, fondeurs de vases, etc. ; il y avait dans leurs rangs des gens qui n'étaient pas sans influence. A un licteur consulaire la corporation des pêcheurs et plongeurs du Tibre crut devoir ériger un monument, pour leur avoir procuré le droit de canotage '•. On voit

1 Voir sa préface, 1 .

2 Militia, mare et negotiatio, fœneratio, causidicina, clientela. — On lit dans Pétrone [Sat., c. 83) :

Qui pelage crédit, magno se fcenore toUit, Qui pugnas et castra petit, prœcingitur auro. Juvénal de son côté (VII, 32, etc.) dit :

. , Dum defluit a3tas Et pelagi patiens et cassidis atque llgonis.

3 Moramsen, De apparUorïhus magistratuum Romœ.

4 Gruter, 391, 1.

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