‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 151 sur 266 · LIVRE III. — LES TROIS ORDRES · texte numérisé non relu

LIVRE III. — LES TROIS ORDRES

ment aux festins publics ou banquets populaires organisés par la muniticence des empereurs. On ne saurait donc fonder sur ces témoignages une affirmation générale du fait. Cependant la pension alimentaire ^ne devait pas, nécessairement, exclure quelques grands repas donnés, de temps en temps, pour régaler les clients en masse. Il est seulement certain qu'il y eut, sous Domitien, suppression temporaire du salaire en argent, rétablissement de l'usage de fournir aux clients la pension quotidienne en nature, ce qui faisait peu leur affaire, parce que la nourriture était généralement mauvaise, et qu'avec l'argent, qu'on leur donnait autrefois, ils s'étaient arrangés de manière à fournir également à leurs autres besoins. Aussi, le bruit du retrait de ce salaire {sportularum fabula) et du mécontentement excité par la mauvaise chère qui le remplace, fait-il rebrousser chemin , dans Martial ' , à un pauvre hère qui , venu d'Espagne à Rome, dans l'espoir d'y trouver bonne aubaine, apprend au pont Milvien la terrible nouvelle; mais la suppression fut courte et, dès avant la tîn du premier siècle , la sportule en argent était redevenue le salaire régulier des clients-. Elle était ordinairement de 100 quadrants ou 10 sesterces par jour, en voyage, quand, par exemple, le client suivait son patron à Baies, comme en ville. Elle paraît avoir, cependant, varié quelquefois selon la qualité, la fortune du patron, ou la nature des services du client. Nombre de chents étaient aux gages de plusieurs patrons; mais beaucoup de ceux-ci payaient fort mal\

1 III, 30, 60, 7 et 14.

•' Martial, IV, 26; VI, 88.

• Il ne faut pas confondre, toutefois, avec la sportule des clients celle des convives, également mentionnée par Juvénal (I, 100 à 117), c'est-à-

I Ce fut sans doute la concurrence entre les clients qui déprima de plus en plus leur salaire , déjà si maigre, et rendit leur condition de plus en plus mauvaise en général.

I Au temps de Martial et de Juvénal, les clients se plaignaient de la lésinerie et de la dureté des grands, ainsi que des mauvais procédés de ces derniers à l'égard de leurs humbles amis ' ; tandis qu'ils portaient aux nues la générosité et l'aftabilité des Memmius et des Pison, des Cotia et des Sénèque du bon vieux temps* : avec raison ou à tort, comme ce n'est que trop souvent le cas dans ces jérémiades sur les temps passés? point que nous ne déciderons pas, d'autant moins qu'à un contemporain de ces hommes, tant célébrés sous ce rapport, la situation des clients en général apparaissait déjà comme assez misérable ^

Indépendamment de la rémunération régulière, qu'elle consistât en argent ou en nature, les clients avaient, nous le répétons, un casuel de bonnes aubaines de circonstance. Telle était, par exemple, la faveur d'une invitation à la table du patron, quand il y avait une place à donner dans un moment où il éprouvait quelque léger remords d'avoir longtemps et par trop négligé son pauvre client. Pareille récompense de longs services, plus commune autrefois, au temps d'Horace encore, était grandement appréciée de part et d'autre ^. Les clients recevaient aussi parfois un cadeau, tel qu'un manteau usé,

dire le cadeau en argent qu'il paraît avoir été d'usage de faire à Rome, même aux personnes de qualité et de haut rang qu'on invitait à sa table.

^ Juvénal, V, 108-113.

2 Martial, XII, 36, 8. — Voir aussi IV, 40, 1.

3 Columelle, préface au livre I, 9 et 12. * Juvénal, V, 12-18.

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