‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 16 sur 266 · CONSIDERATIONS GENERALES. XXIX · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS GENERALES. XXIX

ristocratie qu'avait abattue le pouvoir impérial, ils placèrent toute leur confiance dans des créatures, leurs affranchis, ce qui fît passer presque tout le gouvernement entre les mains de la domesticité et lui imprima un cachet que l'introduction postérieure d'une hiérarchie fixe et des formes du despotisme oriental ne pouvait que rendre encore plus servile. L'atonie politique et sociale était déjà à peu près complète et le mal incurable quand, par un bonheur inespéré, f empire vit monter sur le trône des princes tels que Vespasien et Titus et une série plus longue encore de souverains accomphs, qui s'étendit, par une chaîne d'adoptions, de Nerva et Trajan jusqu'à Marc-Aurèle. Ce furent de beaux règnes dont tout l'honneur .revient aux vertus et aux talents personnels de ces princes. Les surnoms de délices et de félicité du genre humain donnés à Titus et à Trajan, font très éloquemment leur éloge; cependant, il faut le dire, cette expression si vive de la reconnaissance des contemporains trahit aussi la terreur profonde dont avaient été frappés les esprits, sous la plupart des règnes précédents, et fait concevoir une idée navrante des conditions générales d'un régime sous lequel tout dépendait jusqu'à ce point de la personnalité du monarque, devant le souffle duquel l'humanité n'était que poussière et dont la colère pouvait, au moindre caprice, se déchaîner sur elle comme un ouragan destructeur. L'absence de toutes convictions fermes et de tout point d'appui solide, dans le milieu social, empêcha même ces souverains modèles de rien fonder de durable; mais ils s'appliquèrent de leur mieux, Adrien surtout, à conserver et à restaurer, notamment à perfectionner le droit et la jurisprudence, qui fleurirent le plus à l'époque de ces règnes. La rapidité même de la décadence de fempire ,

Page 1