‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 160 sur 266 · LIVRE m. — LES TROIS ORDRES · texte numérisé non relu

LIVRE m. — LES TROIS ORDRES

moindre partie de ces intrus de langue hellénique étaient réellement originaires de la Grèce même; la grande majorité des immigrants avaient eu pour patrie l'Asie Mineure et l'Orient; il semblait, comme dit Juvénal \ que tout rOronte (le fleuve principal de la Syrie) s'était transvasé dans le Tibre. Quelques renseignements sur les Juifs de Rome peuvent donner la mesure du nombre des Orientaux vivant dans cette capitale. Une ambassade du roi des Juifs, Hérode, fut accompagnée chez Auguste, au rapport de l'historien Josèphe -, qui n'avait guère ici de raison pour exagérer les chiffres, comme il le fait assez souvent ailleurs, par huit mille de ses coreligionnaires, établis à Rome; et, en l'an 19 après J.-C. , quatre mille affranchis, en âge de porter les armes, furent condamnés à la déportation en Sardaigne, comme infectés de superstitions égyptiennes et judaïques ^ Or, pendant que l'immigration du dehors persistait ainsi toujours, l'élément foncièrement romain et de naissance libre ne faisait que décroître, surtout par suite du mélange incessant avec le sang d'étrangers non libres, et la population de la ville prit, de plus en plus, la physionomie bigarrée d'une masse chaotique, formée des éléments les plus hétérogènes amalgamés par des fusions et des croisements innombrables^.

Précisément les affranchis d'origine étrangère étaient souvent en possession de grandes richesses, acquises par

< m. 58, etc.

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