A. J., XVII
'•"' Tacite, Annales, II, 85.
' Dion Cassius, LVI, 33. — Tacite. Annales, IV. 27 : Minore in dies plehe ingenua.
eux , soit au service des grandes maisons ^ , où notamment les Grecs et les Orientaux savaient se rendre indispensables, ainsi que se faire aimer ou craindre, soit dans des entreprises industrielles et mercantiles, affaires en grande partie concentrées dans les mains de ces fils actifs et adroits des pays du Levant. L'opulence des affranchis, on le répète, était devenue proverbiale, dès le commencement de l'empire ^. Les miroirs devant lesquels se paraient leurs filles coûtaient plus d'argent que n'en avaient reçu en dot de l'État, dans les anciens temps, les filles des hommes ayant le mieux mérité de la patrie ^. Par leur luxe sybaritique, les affranchis rivalisaient avec les plus grands et les plus nobles personnages; ce que Sénèque ^ dit des bains des affranchis le prouve. La trivialité de leurs mœurs, la bassesse de leurs sentiments, leur ignorance et leurs façons brutales provoquaient d'autant plus la risée et le mépris. Eux, autrefois élevés dans la crainte du fouet, qui avaient dû s'appliquer à dissimuler, à l'aide de mouches, les vestiges de stigmates antérieurs, ou les faire extirper de leur épidémie par des médecins discrets ^, trouvaient maintenant leur plus grande jouissance à faire sentir à d'autres, valant mieux qu'eux, tout le poids de leur orgueil de parvenus.
1 Déjà Démétrius, l'afifranchi de Pompée, doit avoir laissé 4,000 talents, d'après Plutarque, Vie de Pompée, chap. ii.
2 Sénèque, Lettres, 27, 5 : Calvisius Sabinus nostra memoria fuit dives et patrimonium habebat libertini et ingenium : nunquam vidi hominem beatum indecentius. — Martial, V, 13, 6; III, 31; IV, 5. Dans ses épigrammes, Didyme et Pbilomèle aussi sont des affranchis.
^ Sénèque, Q, N., I, 17, 10.
* Lettres, 86, 7.
5 Martial, II, 29-, VI, 64, 26; X, 56, 6.