‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 166 sur 266 · LIVRE IV. — LE COMMERCE DE SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — LE COMMERCE DE SOCIÉTÉ

puis il y avait les fiançailles^ et les noces-; enfin, les solennités à l'entrée en charge des magistrats. S'il est certain, pour les consuls du moins, que celles-ci avaient lieu au point du jour, il est probable qu'il en était de même pour les préteurs et autres dignitaires^. Certaines cérémonies, comme par exemple les convois funèbres'*, n'avaient lieu qu'à des heures plus avancées du jour. L'accomplissement de ces devoirs, prenant quelquefois la journée entière, faisait perdre beaucoup de temps aux personnes ayant des relations de société quelque peu étendues. « Il est curieux, » dit Pline le Jeune ^, « comme à Rome on fait bien, on croit du moins bien faire son bilan de chaque jour, et comme le compte n'y est plus dès que l'on envisage l'œuvre de plusieurs journées collectivement. Demandez à quelqu'un ce qu'il a fait dans la journée, il vous répondra : J'ai vu revêtir un jeune homme de la toge virile, j'ai assisté à des fiançailles ou à une noce; tel m'a invité à me joindre à lui pour sceller son testament, tel à l'assister en justice, un troisième, prié de l'accompagner à une séance de conseil. Toutes ces choseslà paraissent nécessaires le jour où on les a faites; l'importance s'en réduit à 'néant, quand on songe qu'elles reviennent tous les jours, et l'on en sent d'autant plus le

Si, dans ce cas, on procéda à la cérémonie sans même attendre l'aube, ce qui en effaçait le caractère solennel, ce ne pouvait être qu'avec l'intention d'humilier Claude.

1 Festus, éd. Muller, p. 343. — Sénèque, Be beneficiis, IV, 39, 3. — Stace, Silves, IV, 9, 48.

- Ibid., I, 2, 229. — Juvénal, II, 132.

3 Pline le Jeune, Lettres, I, 5, 11; IF, 1, 8; IV, 17, 6; VI, 15, 3; IX, 37. — Martial, IV, 78, ainsi que X, 70, 9. — Ammien Marcellin, XXVI, 1, 1.

i Sénèque, De tranq. an., 14, 4.

•' Lettres, I, 9.

néant que l'on a quitté Rome. » Les séances {consilia] dont Pline parle ici n'étaient autres que celles du préteur, ou du préfet de la ville ^ , ou des édiles^, etc. Les obligations sociales énumérées dans ce passage, à titre d'exemples, pouvaient bien être de celles qui prenaient toute la journée; mais il y en avait bien d'autres plus gênantes et faisant perdre plus de temps encore; car il faut considérer que, dans ces occasions, l'habit de fête était le plus souvent de rigueur, comme aussi lorsqu'on était prié d'assister à la rédaction d'actes et de testaments, et que, de plus, les distances entraînaient presque toujours de longues courses, dans une si grande ville ^. Outre les testaments, que les témoins signaient à la file, en ajoutant chacun à son nom le mot signavit, et pour l'ouverture desquels la présence des personnes qui y avaient apposé leur sceau redevenait également nécessaire^, nombre d'autres actes avaient besoin d'être revêtus de la signature et du sceau de plusieurs témoins, pour acquérir de la validité. L'ordre ou la suite dans laquelle on les apposait an

1 LeUres^ I, 20, 12; XI, G, I.

- Juvénal, III, 162.

3 Non resalutantes video nocturnus amicos

Gratulor et multis; nemo, Potite, mihi.

Nunc ad luciferam signât mea gemma Dianam , Nunc me prima sibi, nunc sibi quinta rapit.

Nunc consul praetorve tenet , reducesque choreœ (?),

Auditur tota saepe poeta die.

Sed nec causidico possis impune negare,

Nec si te rhetor grammaticusve rogent.

(Martial, X, 70, 5.)

Voir aussi Plutarque, De amie, mult., 6. * Dïgeste, XXIX, 3, i-7.

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