‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 179 sur 266 · LV · texte numérisé non relu

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-^ Suétone. Claude, chap. xviii : Plures notaie conatus, magna inquisitorum negligentia sed majore dedecore innoxios repperit, quibuscunque cœlibatum, aut orbitatem, aut egestatem objiceret, maritos, patres, opulentos se probantibus ; eo quidem, qui sibimet vim ferro inlulisse arguebatur, inlœsum corpus veste deposita oslentante.

3 Tacite, Hist. I, 87 : Moschus, ad observandam honestiorum fidem, minister datus.

i Dissert. IV, 13, 5.

pereur; vous, de votre côté, prenant l'initiative de ces propos, de la part de votre voisin, pour un gage de sa sincérité, vous dites à votre tour ce que vous pensez , et il en résulte que l'on vous met aux fers et vous jette en prison. >) Ceci a été, selon toute probabilité, écrit sous Adrien, duquel on sait qu'il employait à toutes les fonctions de police, et notamment à celles de la police secrète, dans tout ce que l'acception de ce mot comporte, un corps spécial de troupes, appelées les fourrageurs (frumentarii) , espèce de maréchaussée ou gendarmerie, que l'on retrouve affectée au même service dans la suite ^ Nous avons déjà fait remarquer, page 146, que ce prince entretenait des espions jusque dans les maisons de ses amis. En général, l'abus de la police secrète paraît avoir été poussé, sous son règne, à un point qui en faisait un terrible fléau. Aristide^, dans un éloge du successeur d'Adrien, dit qu'à son avènement tout l'empire se trouvait oppressé et asservi par la crainte, des espions aux aguets circulant sans cesse et partout dans les villes, pour écouter tout ce qui se disait; il ajoute que la suppression complète du raisonnable et légitime usage de la franchise avait réduit le monde à l'impossibiRté de penser et de parler librement, chacun tremblant devant son ombre. C'est de cette crainte que le nouvel empereur avait délivré lésâmes, en leur rendant la liberté. Naturellement, la police secrète n'était nulle part aussi nombreuse et aussi active que dans la capitale. Dans Philostrate, Apollonius de Tyane appelle Rome une ville où il n'y a que des yeux et des

1 Dion Cassius, LXXVII, 17, et Marquardt, Manuel de l'antiquité romaine, III, p. 391.

2 Orat. IX, sic ^acrtXéa, qui s'applique évidemment à Antonin le Pieux, comme l'a établi Masson dans les Collect. fiist. ad Aristid. vit., éd. Dind., III, p. Lviii-Lxi.

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