‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 18 sur 266 · XXXIV CONSIDERATIONS GENERALES · texte numérisé non relu

XXXIV CONSIDERATIONS GENERALES

bien et du mal; elle résulte des tendances prédominantes qui les emportent vers l'un ou vers l'autre, et le danger des progrès de la corruption est d'autant plus grand qu'on y descend insensiblement la pente, avec la baisse continue du niveau général de là moralité publique.

L'bistoire de l'empire romain, de 31 avant Jésus-Christ à l'an 324 de notre ère, c'est-à-dire depuis la fin de la république, décidée par Tavénement d'Octave, jusqu'au triomphe du christianisme sous Constantin, dont les mesures trahissent déjà le pressentiment du sort fatal qui était réservé à la domination romaine en Occident, se partage ainsi en deux périodes d'inégale durée, qui contrastent fortement entre elles, sous bien des rapports, et que sépare le règne du dernier des Antonins, Commode (180-192 de notre ère). Les deux siècles qu'embrasse la première peuvent être appelés, à certains égards et par intervalles du moins, notamment au point de vue de la puissance et de l'éclat extérieur, les beaux temps de l'empire romain. Ce n'est même, à vrai dire, qu'au deuxième siècle de notre ère, sous Trajan, que cet empire, qui voyait le monde à ses pieds, atteignit le point culminant de sa puissance dominatrice. Sous le règne d'un tel prince, il apparaissait à l'œil ébloui comme un édifice pofifique parfait dans son genre, et comme fondé pour l'éternité. Mais cet arbre, à nombreuses et vastes branches, malgré le magnifique développement de sa couronne, à l'ombre de laquelle s'abritaient tous les pays du monde civilisé de l'époque, était appauvri de sève et déjà corrompu dans ses racines. Dans la série des empereurs qui se succèdent au pouvoir, on reconnaît, dès les premiers temps, les terribles revers du sort que le despofisme inflige à l'humanité.

Avec de profonds et rusés politiques tels qu'Auguste et

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