LIVRE V. — LES FEMMES
ces aux dames qui avaient été revêtues de dignités sacerdotales'. Il semblerait, d'après un passage du même auteur, que cette assemblée aussi eut à s'occuper du costume-.
Le mariage procurait aux jeunes femmes des hautes classes, qu'il délivrait de l'isolement et de la dépendance où vivait la jeune fille dans la maison paternelle, une liberté presque illimitée. Des impressions sans nombre venaient les assaillir de toutes parts, souvent jusqu'à les enivrer et brouiller entièrement leurs idées. La jeune femme s'entendait saluer avec respect, même par son mari, du nom de domina (donna, madame) % usage qui persista dans les temps chrétiens'*. Des centaines de mains n'attendaient, pour se remuer, qu'un signe de sa part. Sa volonté, dans ce petit monde que formait toute grande maison avec ses domaines étendus, ses légions d'esclaves, sa nombreuse séquelle de clients et de subalternes, décidait de leur fortune, dans le bon ou le mauvais sens, souvent même de leur vie ou de leur mort^. Aussi les clients ne l'ap pelaient-ils pas seulement madame, mais souvent reine [regina),
1 Vie d'Aurélien : Quœ sacerdotia senatu auctore meruissent (chap.