‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 2 sur 266 · VJ PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

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ravant négligées de cette histoire, par un plus miir examen de l'organisation , du caractère , des besoins et des habitudes de la société du temps , dont on ne saisissait que trop imparfaitement les rapports. Une application sérieuse à l'étude des institutions et des mœurs d'une époque tend particulièrement à y faciliter l'intelligence de la conduite des hommes et de la marche des événements, ainsi qu'à en faire ressortir l'image ou la physionomie plus vivante à nos yeux.

Le livre de 31. L. Friedlaender, dont nous venons offrir ici la traduction au public français, est, à cet égard, un des plus curieux et des plus incisifs. Il en a paru de 1862 à 186i , sous le titre de Tableaux de riiisloire des mœurs romaines, depuis Auguste jusqu'à la fin des Antonins, deux volumes, dont une seconde édition allemande est devenue nécessaire, avant même que l'auteur ait pu achever le troisième. La première série de ces intéressants tableaux, comprise dans le présent volume, dédié au célèbre historien Théodore Mommsen, traite de la ville de Rome, de la cour des empereurs , des trois ordres , du commerce de société , ainsi que de la condition et des mœurs des femmes ; la seconde , plus particulièrement , des voyages dans le monde romain et des spectacles à la même époque. Telle est la variété des sujets sur lesquels a porté jusqu'à présent, dans ce double cadre, le

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piquant résumé du travail ingénieux et plein d'érudition de 31. Friedlaender.

Pour les deux premiers siècles de l'empire les sources, les écrits du temps en particulier, ne manquent pas. Si, malgré l'abondance des renseignements qui en découlent, il reste encore des points sur lesquels notre légitime curiosité demeure en souffrance , les productions si variées de la littérature latine et grecque , ce qui s'est conservé des monuments de l'art contemporain , avec les nombreuses inscriptions qui s'y rattachent, notamment aussi les résultats des fouilles de Pompéji, offrent, sur cette même époque, un fonds d'éléments descriptifs , d'indications plus ou moins précises, de données et d'observations de tout genre, extrêmement riche et d'une valeur incontestable. Mais le fractionnement et l'incohérence de cette masse de documents épars ne permettent de saisir l'ensemble des notions de rapports et de faits qui en dérivent et d'en reproduire l'image entière qu'au moyen d'une synthèse très judicieuse , accompagnée d'une critique sévère et d'une profonde connaissance de toute l'antiquité classique.

On ne saurait se dissimuler la grancje difficulté d'une pareille tâche ; mais aussi , de l'autre côté , quel puissant attrait , pour l'esprit qui fait pénétrer la lumière dans ce chaos d'innombrables détails et sait, en re-

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trouvant , à pareille distance , pour chaque particularité la place qui lui appartient dans l'ensemble , rétablir celui-ci sous son véritable jour !

Il peut sembler hardi de prime abord, ainsi que le fait observer M. Friedlaender, d'embrasser dans un même cadre et de ramener à l'unité le tableau des mœurs et de l'état de civilisation d'une période de deux siècles. Il est certain que pour une époque plus rapprochée du temps actuel, où nous voyons tout changer continuellement autour de nous, et où il arrive souvent que deux générations qui se suivent n'ont presque plus rien de commun dans leurs conditions matérielles , leurs idées , leur manière de vivre , leurs habitudes et leur physionomie , on se flatterait en vain de réussir dans une pareille entreprise. Mais, dans l'antiquité, quoique les vicissitudes politiques et les guerres n'y fussent pas moins fréquentes que de nos jours, la marche de la civihsation et les changements qu'elle opère dans les rapports de la vie sociale et privée étaient beaucoup plus lents. Les découvertes et les inventions qui , dans le monde moderne , la transforment presque à vue d'œil, ne se succédaient pas alors avec la même rapidité. Il est à remarquer d'ailleurs que, de nos jours encore, les peuples du midi persistent dans leurs mœurs, leurs habitudes et leurs idées traditionnelles beaucoup plus longtemps que les

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