‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 21 sur 266 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

LA VILLE DE ROME

Grandeur et prestige de la Ville éternelle. — Iniluence de la Grèce sur la capitale de l'Italie et du monde romain. — Beaux-arts et architecture romaine. — Transformations de Rome. — Physionomie de la ville jusqu'à l'incendie de Néron. — Élévation des maisons. — Manque de rues spacieuses.

— Bâtisses accolées aux maisons. — Étendue de Rome. — Places, promenades et constructions publiques. — Édifices et monuments. — Jardins et parcs. — Fontaines et châteaux d'eau. — Boutiques et magasins. — Affluence de nouvelles et de curiosités. — Exhibition de celles-ci. — Grand concours d'étrangers. — Établissements d'instruction , de plaisir et d'agrément. — Population de Rome. — Ombres du tableau. — Cherté. — Agitation bruyante du jour et de la nuit. — Insécurité. — Usage des voitures.

— Écroulements de maisons. — Incendies. — Tremblements de terre et inondations. — Disettes. — Insalubrité. — Épidémies.

* Si l'empire romain a joué un rôle unique dans le monde, Rome aussi, qui en était le centre, fut une ville unique par son influence métropolitaine, arrivée à son apogée

dans la période qui nous occupe. Ce n'est pas qu'il n*y ait eu, qu'il n'existe même aujourd'hui, des villes encore plus gigantesques par leur étendue et leur population. Il paraît, comme on le verra plus loin, qu'à la même époque Alexandrie et Antioche couvraient un plus vaste espace que Rome. Sans parler des métropoles de la Chine et du Japon, dans l'extrême Orient, Londres et Paris, celles de l'Occident, l'ont certainement laissée loin derrière elles; d'autres capitales, en Europe, et New-York, en Amérique, sont en voie de l'égaler et peut-être de la surpasser, sous ces deux rapports. Mais jamais , ni dans l'antiquité , ni dans les temps modernes, on n'a vu une ville occuper une position plus dominante, jouer un rôle plus éclatant et peser d'un plus grand poids sur le monde contemporain; jamais capitale n'a donné aussi exclusivement le ton, fixé davantage tous les regards et réglé d'une manière plus absolue, au moyen d'une centralisation puissante , les destinées d'un aussi vaste corps de domination que Rome, dans les deux derniers siècles de la république et les deux premiers de l'empire. Ce n'est pas seulement comme siège et centre du gouvernement de tant de pays soumis à ses lois qu'elle imposait; car, avec le relâchement des anciennes mœurs, après la rentrée triomphale de tant de généraux et gouverneurs de provinces, enrichis des dépouilles du monde, que les Lucullus, les Pompée, les Scaurus, étonnèrent par leur magnificence, un luxe inouï jusqu'alors avait fait de Rome, devenue la plus opulente cité de l'univers, le foyer principal des arts et des lettres, tout en y développant un raffinement de jouissances sensuelles dont les fascinations n'y apparurent bientôt que trop étroitement liées avec les conditions du pouvoir et la direction de la politique môme.

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