‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 22 sur 266 · LIVRE 1. — LA VILLE · texte numérisé non relu

LIVRE 1. — LA VILLE

* En fait d*art et de littérature cependant, Rome, supérieure à toutes ses anciennes rivales dans la science positive de la domination, de la politique et de la guerre, n'était pas éminemment douée d'un esprit original et créateur. Mais, depuis les Scipions, elle était devenue l'élève de la Grèce, et ses complaisants précepteurs avaient mis humblement à son service toutes les ressources de leur génie propre et de leur habileté, dans chacune des branches où ils excellaient. Littérateurs, artistes, rhéteurs, philosophes, historiens, désertant de plus en plus Athènes et le sol hellénique, affluaient sans cesse à Rome, pour y chercher fortune et s'y fixer. Alexandrie seule conserva l'auréole scientifique dont elle brillait depuis le temps des Ptolémées. A l'exemple de Polybe, ami de Scipion Émilien, Denys d'Hahcarnasse , Appien et Dion Cassius firent de l'histoire et des antiquités romaines l'objet de leurs travaux, et c'est encore à Rome que les deux plus célèbres doctrines de la philosophie grecque du temps, l'épicurisme et le stoïcisme, furent le plus goûtées et mises en relief. Ces milliers de statues dont Rome se peupla sous le règne d'Auguste, furent aussi généralement exécutées par des Grecs, et c'est à des artistes de la même nation que l'on dut tous les ouvrages de sculpture remarquables dont la ville s'embellit encore dans la suite. Aucun peuple, enfin, ne contribua plus que les Grecs à imprimer le cachet d'une véritable métropole du monde à la capitale de l'Italie, dans laquelle ne tarda pas à se refléter toute la civihsalion de l'antiquité. Telle est la magie des souvenirs du passé de la ville éternelle , dont l'ancien prestige a été relevé, depuis sa chute, par celui du pontificat et de la renaissance des arts, que son attraction n'a jamais faibli, et que l'on voit encore aujourd'hui la politique italienne.

dans la voie de centralisation unitaire où elle s'est engagée, fonder principalement sur la possession de Rome l'espoir d'une nouvelle résurrection du génie de la péninsule. * Parmi les témoins de l'ancienne grandeur romaine^ les monuments qu'elle a produits et laissés après elle ne sont pas les moins éloquents. Une mention du rôle important que l'art joua dans la destinée du peuple -roi se trouve donc à sa place ici. L'art grec, en se naturalisant à Rome, y perdit certainement la pureté et la simplicité de son type originaire. L'idéal cessa d'y prédominer. Dans la sculpture notamment, on préféra un genre qui se rapproche du portrait, comme le buste. Le génie romain apportait dans tout un esprit positif. Cette tendance se manifesta bien plus largement encore dans l'architecture romaine. Celle-ci, d'ailleurs, ne vécut pas seulement d'emprunts faits à l'art grec; elle avait une base originaire d'Étrurie, mais qu'elle s'était depuis longtemps appropriée, dans l'emploi des voûtes et des arcades à toutes les constructions monumentales. C'est à la combinaison de cet art italien avec les formes grecques que l'architecture romaine doit ce qu'elle gagna en grandiose, en magnificence et en solidité, comme aussi ce caractère général d'utilité pratique, qui donne un cachet tout particulier aux œuvres des Romains. Môme en restant neutre dans la controverse, soulevée par Niebuhr, sur le caractère plus ou moins fabuleux des origines de Rome et de l'histoire de ses rois, il faut rappeler les importants travaux dont la tradition fait remonter les dates jusqu'à ce premier âge. C'est sous Tarquin l'Ancien qu'aurait été construit, suivant elle, l'égout principal [cloaca maxima), tandis que Servius TuUius aurait fait rebâtir en pierres façonnées les murs de la ville, et Tarquin le Superbe , décorer le grand

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