LIVRE V. — LES FEMMES
et toujours croissante expansion que le judaïsme avait, dès lors, prise dans le monde occidental, et il paraît certain qu'il comptait plus de prosélytes parmi les femmes que parmi les hommes. L'impératrice Poppée semble avoir été du nombre. Josèphe la nomme comme une zélée protectrice des Juifs, car, dit-il, elle craignait Dieu^ Ce fut probablement la raison pour laquelle, après sa mort, son corps ne fut point brûlé , mais embaumé , comme on faisait pour les rois étrangers, et déposé dans le sépulcre de la famille Julienne-. La première mesure de rigueur contre les Juifs fut prise en l'an 19, à l'occasion et par suite de l'intervention déjà mentionnée du pouvoir dans les désordres du culte d'Isis. 4,000 affranchis, en âge de porter les armes, furent, comme nous l'avons dit p. 289, envoyés en Sardaigne contre les bandes de brigands de cette île, comme infectés de superstitions égyptiennes ou judaïques. Il paraîtrait qu'une escroquerie, dans laquelle figurait comme dupe une dame de qualité romaine, du nom de Fulvie, adonnée au judaïsme, fut ce qui détermina cette persécution, dans l'origine du moins. Ses précepteurs, appartenant à cette religion, l'avaient engagée à envoyer à Jérusalem une contribution pour le temple, puis escamoté cette offrande pieuse^. Sous Domitien, vers l'époque des années 88 à 90, MartiaP se moquait de la mauvaise haleine causée par le jeûne des femmes qui célébraient le sabbat. D'après Dion Cassius'^, nombre de personnes furent aidrs poursuivies pour le fait de leur
1 Josèphe, A. J., XX, 8, 11; 11, 1.
- Tacite, Annales, XVI, 6.
3 Josèphe, A. J., XVIII, 3, 5. — Voir aussi Tacite, Annales, II, 85.