‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 215 sur 266 · LXVII · texte numérisé non relu

LXVII

conversion au judaïsme, et les unes livrées au supplice, les autres dépouillées de leurs biens. Cependant les Grecs et les Romains, dans ce temps-là, confondaient sans doute encore très-souvent le christianisme avec le judaïsme. L'accusation d'athéisme, sur laquelle le consul Flavius Clément fut condamné à mort, et sa femme Domitilla au bannissement à Pandataria, avait été élevée contre les deux religions. Peut-être Clément et Domitilla professaient-ils effectivement le christianisme, comme peut-être aussi Pomponia Grécina, femme du consul Plautius, accusée en l'an 58, sous Néron, d'être imbue de superstitions étrangères, et remise au jugement de son mari, mais acquittée par lui. Cette dernière vécut longtemps, mais d'une vie abreuvée de continuels chagrins, dit Tacite \ car elle passa dans une profonde mélancolie, sans jamais quitter les vêtements de deuil, les quarante années qui suivirent le meurtre de sa parente Juhe, fille de Drusus (en l'an 44). Quant à Domitilla, l'Église catholique reconnaît deux martyres et saintes de ce nom. Cependant on manque enlièrement de données positives sur les progrès que le christianisme avait faits dans les premiers siècles, parmi les femmes des classes supérieures. On sait seulement que Mammée, femme qui, elle aussi, vivait dans la crainte de Dieu, suivant l'expression d'Eusèbe^, fut une protectrice d'Origène^, qui lui-même n'en a rien dit toutefois. Ajoutons que la découverte d'un tombeau dans les catacombes de Calixte, avec des inscriptions païennes des Céciliens, non loin du mausolée de Cécilia Métella, pa-

1 Annales j XIIÏ, 32.

2 Hisf. ecclés., VI, 19.

3 Suidas, à l'art. Origène.

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