‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 229 sur 266 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

LA VILLE DE ROME

Page 1 1 , ligne 22 :

Elévation des maisons. — Il y avait partout à Rome, d'après Juvénal \ des fenêtres placées à des hauteurs qui donnaient le vertige. Pline ^ dit aussi, qu'en ne tenant pas compte uniquement de l'étendue et de la circonférence de la ville, mais aussi de la hauteur de ses maisons, on arrivait à reconnaître qu'aucune autre cité de l'univers ne pouvait se comparer, pour la grandeur, à la métropole de l'empire romain. Aristide, enfin, dans son Panégyrique de Rome^^ composé en Tan 145 de notre ère, s'exprime à ce sujet en ces termes : De même qu'un homme vigoureux parvient à en porter d'autres, en les haussant

' VI, 31; III, 269 : quod spatium tectis sublimibus, etc. — Stace, SUves, IV, 4, li : ardua mœnia Roinœ.

- Éist. nat., III, 67.

' Encomium Romœ^ p. 199. — Waddinston. Mém. de l'inst., 1867, p. 253.

sur ses épaules, de même Rome est arrivée à porter, en hauteur, plusieurs villes superposées, lesquelles, horizontalement alignées sur le sol, formeraient une chaîne ininterrompue de bâtiments qui prendrait toute la largeur de l'Italie jusqu'à l'Adriatique.

Page 2i, ligne 5^ après le point :

Dans la superbe colonnade de Livie, le feuillage d'un immense cep de vigne, recouvrant des espaliers établis en plein air dans le voisinage, procurait de l'ombre aux promeneurs, du temps de Pline \

' Hist. nat., XIV, U.

Aux pages 25 à 28 :

Cimosités exposées à Rome. — Outre celles dont il a déjà été fait mention, l'auteur, dans sa 3^ édition, en a relevé de non moins remarquables, que nous croyons devoir également indiquer ici.

Sous la république, Scaurus, pendant son édilité, exhiba, entre autres merveilles, les ossements du monstre auquel, suivant la Fable, avait été exposée la belle Andromède. Ces ossements, rapportés de Jaffa, étaient plus forts que les côtes d'un éléphant de l'Inde ^ Il paraît, qu'à la même époque, on décorait aussi le forum de perroquets et d'autres 025eawj; rares ^.

' Pline, Hist. nat., IX, II.

' Vairon, De re rustica, 111, 97.

Page 27, ligne 7 :

Le jeune nain à voix de stentor, qu'Auguste fit voir, d'après Suétone {Octave, ch. xltii), ne s'appelait pas Lucius, mais L. Icius.

Page 32, après la ligne 7 :

Martial, enfin (VII, 30), ne rougit pas de dire :

Das Parthis, das Germanis, das, Gœlia, Dacis,

Nec Cilicum spernis Cappadocumque toros; Et tibi de Pharia Memphiticus urbe fututor

Navigat, a rubris niger et Indus aquis, Nec recutitorum fugis inguina Judœorum,

Nec te Sarmatico transit Alanus equo.

Lignes 20 à 25 :

L'auteur incline à croire, aujourd'hui, que les gens de couleur, qualifiés d'Hindous, dans ce passage, étaient plutôt des Éthiopiens ou Nubiens.

Page 33, après la ligne 17 :

Ambassades envoyées aux empereurs. — Quelquefois, des troupes singulières de gens à mine étrange, venant à passer dans les rues, y attiraient l'attention générale, et l'on apprenait que c'étaient des ambassadeurs arrivant de quelque pays barbare lointain, pour faire à l'empereur l'offre de la soumission volontaire ou de l'alliance de la nation qui les envoyait. Déjà Auguste reçut, et il aimait à s'en vanter, de nombreuses ambassades, parties de peuples qui, antérieurement à son règne, n'avaient jamais eu de relations avec Rome. Parmi elles, figurèrent des envoyés des Cimbres, du Jutland et des. Semnons, qui habitaient à l'est de l'Elbe, des tribus parcourant les steppes de la Russie méridionale jusqu'au-delà du Don, de la Médie et de la Parthie, de princes circassiens et géorgiens, de chefs de l'île de Bretagne et du Fezzan, ainsi que plusieurs ambassades de l'Inde, dont l'une n'était pas restée, d'après ce que l'on racontait à Rome, moins de quatre ans en route.

fi SUPPLÉMENT

Dans sa 3® édition, l'auteur entre, au sujet de ces amiîassades, dans beaucoup d'explications et de détails, dont nous allons résumer les plus intéressants. Le savant Letronne, dans un mémoire oîi il discute la réalité d'une mission arienne \ etc., a mis en doute celle de plusieurs des ambassades que l'on dit avoir été envoyées de l'Inde aux empereurs romains, notamment aussi, d'après le précédent de Mannert, celle de l'ambassade qu'aurait envoyée à Auguste le roi Porus ou Pandion, suzerain de six cents rois, et que mentionne Strabon ^, sur la foi de Nicolas Damascène, qui disait l'avoir rencontrée à Antioche. Effectivement ce rapport, comme le fait observer Letronne, donne plutôt l'idée d'une compagnie de jongleurs de l'Inde, cherchant à faire valoir, par des représentations, les tours qu'elle avait à montrer et les curiosités qu'elle cherchait à vendre leplus avantageusement possible, que celle de l'ambassade d'un puissant prince de l'Inde. Les chefs de la troupe étaient trois soi-disant ambassadeurs, les seuls survivants, d'après leur dire, d'un plus grand nombre^ les autres étant morts en route ; elle apportait, en fait de cadeaux, huit esclaves presque nus, un homme sans bras, trois grandes vipères, un serpent long de dix aunes, une tortue de rivière longue de trois aunes et un grand oiseau ; son passe-port était une lettre grecque, écrite sur du parcheminé Auprès de cette ambassade, se trouvait aussi l'Hindou qui mit fin à ses jours, en se brûlant volontairement, à Athènes.

Quelque respect que méritent les scrupules de Letronne,

' Mém. deVAcad. des inscriptions et belles-lettres, X, p. 226, etc.

2 XV, G8G et 790.

3 0. de Beauvoir Priaulx [Journal of the R. Asiatlc Society, XVII, 309) doute fort que les anciens Hindous aient écrit sur du parchemin.

il s'est trompé, certainement, en ce qu'il rapporte tous les récits des auteurs anciens, concernant des missions de l'Inde à Auguste, à une seule et même ambassade. Cette thèse est inadmissible, comme nous le savons maintenant, par un témoignage d'Auguste lui-même, qui, en rendant compte des faits et gestes de son règne, dans l'inscription du marbre d'Ancyre^, se vante d'avoir reçu souvent, de la part des rois de l'Inde, des ambassades comme n'en avait jamais vu aucun général romain. On avait, en l'an 17 avant Jésus-Christ,, déjà connaissance, à Rome, de l'une de celles-ci au moins, car Horace % en cette même année^ glorifie Auguste de ce que les fiers Scythes et les Hindous étaient venus, tout récemment [iiuper)^ prendre ses ordres. Le nom donné par le riche Nasidiénus^ à un esclave basané {fusais Hydaspes) semble d'ailleurs indiquer que ce qui venait de l'Inde était à la mode à Rome, antérieurement déjà, quoique l'arrivée d'une ambassade hindoue, dès avant l'an de Rome 724, ou 30 avant Jésus-Christ, d'après les calculs de Francke et de Grotefend, soit très-invraisemblable.

Cependant, nous savons positivement qu'avant l'an 17 Auguste avait reçu au moins deux ambassades de l'Inde : la première, pendant son séjour en Espagne, à Tarragone*, en l'an de Rome 728 ou 729, correspondant à l'an 26 ou 25 avant Jésus-Christ; la seconde, dont Dion Cassius parle longuement^, dans l'île de Samos, en 734 ou 20. Comme cet auteur mentionne l'homme sans bras

« Mommsen, R. G. Div. Aug., p. 89, etc.

' Carm. sxc.y v. 55; voir aussi Carm.N., 14, 41 : Te Gantaber non ante domabilisMedusque et Indus, te profugus Scythes miratur. ' Sat. II, 8, 14.

* Orose, VI, 21.

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