‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 43 sur 266 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Influence de la cour sur la société romaine.

Caractère primitif de la cour impériale et transformation de celle-ci. — Influence de la personnalité des empereurs et des mœurs de la cour sur les habitudes et les formes sociales. — Exemples.

* Pendant que tout le monde romain gravitait autour de sa capitale, celle-ci, non moins que les provinces, recevait exclusivement l'impulsion de la volonté du souverain proclamé seul arbitre de ses destinées, au gré des passions, des fantaisies et des caprices du maître et de son entourage. Là était tout le pouvoir, s'ourdissaient toutes les intrigues politiques, jouaient tous les ressorts du gouvernement de l'empire. *

Comme l'établissement de celui-ci, à Rome, avait été déterminé par l'élévation d'une famille de condition privée dans l'origine, l'organisation, les formes et le personnel de la cour impériale y furent aussi, d'abord, réglés

sur le pied d'une grande maison particulière. Mais dan la suite cette cour, qui, au commencement, différait peu de l'état de maison princier des autres grandes familles romaines, prit insensiblement un caractère qui lui donna de plus en plus l'aspect de celles des grands rois d'un autre temps. Le désir plus ou moins sincère de plusieurs empereurs de ramener leur entourage à l'ancienne simplicité, leurs tentatives réitérées pour en remettre en honneur la façon et les allures, ne purent que ralentir la marche de cette révolution. Elle ne s'en accomplit pas moins, au troisième siècle, sous la pression, devenue irrésistible, des influences de l'Orient.

La cour elle-même, de son côté, ne pouvait manquer de réagir diversement sur les mœurs, toute la manière de vivre et l'organisation domestique des classes supérieures, ainsi que de la société tout entière. Les idées et les principes avoués, les manies et les goûts personnels de l'empereur, des membres de sa famille et de ses favoris, faisaient loi à Rome^, comme il n'est possible de le concevoir que sous le régime du despotisme le plus absolu , et cela non seulement pour la capitale , mais jusqu'à un certain point pour le monde entier, d'après ce vers fameux de Claudien :

Régis ad exemplar totus componilur orbis.

Chaque changement de règne entraînait un changement dans les formes et les usages, non moins que dans les mesures du gouvernement. Il n'y avait qu'un philosophe se complaisant dans les rêves de l'abstraction, comme Marc- Aurèle , qui pût voir éternellement la môme chose dans cette succession de rapports si divers et formant de si vits

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