‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 46 sur 266 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

lies officiers, affranchis et esclaYes de la cour impériale.

1° Les principaux offices de la cour et de la maison des empereurs sont d'abord exclusivement confiés à des affranchis, puis en majeure partie conférés à des chevaliers. — Signification de ce changement. — La nouvelle pratique forme règle depuis Adrien. — Les empereurs continuent à choisir de préférence leurs grands camériers parmi les affranchis.

2" Origine grecque ou orientale de la plupart des affranchis impériaux. — Grecs. — Syriens, Égyptiens. — Leurs antécédents. — Position des affranchis auprès des empereurs du premier siècle et auprès de ceux du deuxième.

3° Les affranchis viagèrement attachés au service de la cour. — Dangers de leur position. — Leur richesse et leur opulence. — Ils n'ont que de faibles distinctions extérieures. — Obséquiosité du sénat à leur égard. — Leurs alliances avec des familles nobles. — Leur orgueil.

4° Des affranchis dans les emplois inférieurs de l'administration, ainsi que dans les trois plus hautes procurations de l'empire. — Le département des comptes.

— Claude Etruscus. — Le département des pétitions et requêtes. — Polybe.

— Le département de la correspondance. — Les grands camériers. — Hélicon. — Parthénius. — Les camériers de Commode. — Comédiens et danseurs de la cour. — Pages. — Affranchies. — Concubines. — Acte. — Cénide. — Panthée. — Marcie.

5° Les esclaves de la maison impériale. — Dispensateurs. 6° Les autres officiers de la cour. — Précepteurs des princes. — Médecins et astrologues de la cour.

La cour, dans l'acception restreinte du mot, se composait du personnel , très nombreux dès l'origine , et de la hiérarchie j à degrés multiples, des officiers et des domestiques de l'empereur et de la famille impériale. Dans un sens plus large, elle comprenait en outre tous ceux qu'on appelait les amis de l'empereur. ,

Durant la majeure partie du premier siècle de notre ère, les empereurs, à l'instar des particuliers, employèrent leurs esclaves et leurs affranchis , non seulement à tout ce qui concernait le service de leur maison, mais aussi, comme aides et mandataires, à tous leurs travaux, dans l'administration de leurs biens et des établissements qui en dépendaient, ainsi qu'à la gestion de toute espèce d'affaires. Ils avaient une double raison pour agir de la sorte : le désir de conserver à la cour impériale, vis-à-vis de la multitude, dont il importait de ne pas froisser les habitudes, le caractère d'une maison particulière, et une autre, à tendance politique, diamétralement opposée, mais nullement inconciliable avec cette affectation de simplicité. Il était à prévoir que ces fonctionnaires de la cour impériale, de quelque basse extraction qu'ils fussent, et malgré leur condition subalterne ou le peu de considération qui s'attachait à leur état civil, ne manqueraient pas d'arriver bientôt, par le fait, à un pouvoir qui devait les élever au-dessus des hommes de la plus grande naissance. Or, rien n'était plus conforme à la nature du césarisme, dans la première période de son développement surtout, que cette manière d'accentuer le peu de cas qu'il faisait de la différence des rangs sociaux et l'adoption d'un système de nivellement, pour briser les résistances de l'ancienne aristocratie, comme pour montrer que le bon plaisir impérial dominait tout, qu'il dépendait entièrement de lui d'élever un homme de l'état le plus humble à la plus haute position, et que devant lui tous les sujets de l'empire étaient égaux. C'est à cela que Tacite ^ faisait évidemment allusion en disant que, chez les Germains, les affranchis

1 De Moribus Germanorum, chap. xxv.

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