‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 48 sur 266 · LIVRE II. — LA COUR · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LA COUR

crétariat d'État, par Abascantus^ Il semblerait même, d'après un passage de Suétone^, que ce prince avait, de propos délibéré, dérogé par ces nominations à la pratique de Vitellius, de Vespasien et de Titus, pour revenir à celle de leurs prédécesseurs. Plus tard, nous retrouvons le secrétariat occupé, deux fois sous Nerva et une fois sous Trajan, par des hommes de qualité, tels que Titinius Capiton % sous ce dernier; d'autres fois, sous le même, aussi par des affranchis. Adrien nomma de nouveau des chevaliers aux deux postes mentionnés, ce qui passa en coutume depuis lors^. Ce fut lui qui marqua les traits fondamentaux de cette hiérarchie de fonctionnaires dont le système, si compliqué et poursuivi, dans la suite, jusqu'au classement le plus minutieux, n'arriva toutefois à son complet développement que sous Constantin^. Le fait est que, depuis Adrien, nous voyons ces fonctionnaires élevés , par degrés ou d'emblée , aux premières dignités de l'empire, notamment à la vice-royauté d'Egypte et au gouvernement militaire de Rome. On peut, généralement, en dire autant de la direction des finances impériales^ mais sous une réserve; car c'est là, particulièrement, que se reproduit l'anomaUe de la promotion d'affranchis à cet office, même à l'époque où il marqua un degré si élevé sur l'échelle des grands emplois. Ainsi Basséus Rufus, parvenu, sous Marc-Aurèle, de la condition la plus infime à l'office de préfet du prétoire, devint chef du départe-

1 Stace, Silves, V, I.

2 Vie de Domiiien , chap. vn.

3 Recueil (l'Orelli , 801.

* Vie d'Adrien, chàp. x\u.

^ Aurélius Victor, Epitovie, c. xiv : Officia sane publica et palalina nec non militiœ in eam forciam statuit, quee paucis per Conslantinum immutatis hodie persévérant.

t)!z MOEURS ROMAINES.

ment des comptes {procurator a rationibus), après avoir administré plusieurs provinces \ et ce fut encore un affranchi impérial, Cosme, qui lui succéda dans ce dernier poste. Outre que de pareilles anomalies trouvent leur explication dans la nature même de l'absolutisme, il n'est pas étonnant que la considération de la capacité administrative, ou la confiance en tel homme plutôt qu'en tel autre, dût souvent l'emporter, précisément dans le choix de ce fonctionnaire, et que l'on y songeât aussi, particulièrement, à se ménager contre lui la possibililé d'un emploi plus facile de moyens de contrainte, dans les cas de malversation. D'après Dion Cassius-, Auguste déjà aurait reçu, de Mécène, le conseil d'employer surtout des affranchis dans l'administration financière.

Quand toutes les autres charges eurent entièrement , ou presque généralement, cessé d'être accessibles aux affranchis, l'office de grand camérier (cuhicularius, a cuhiculo) fut celui par lequel ils conservèrent encore le plus de chance d'arriver au pouvoir. L'importance qu'il prit alors est aussi caractéristique pour les derniers temps de l'empire que l'avait été, pour les premiers temps du césarisme, celle des autres grands offices. Bien que les valets de chambre eussent eu beaucoup d'influence à toutes les époques, leur position officielle avait été très humble, dans les commencements; mais, avec l'empiétement successif des usages orientaux, le préposé de la chambre à coucher de l'empereur, prœpositus sacri cuhiculi, comme on l'appela dès lors, grandit en dignité. L'habitude d'investir généralement des eunuques de cette charge , dans les derniers siè-

1 Dion Cassius , LXXI , 5. — Orelli , 3754.

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