‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 5 sur 266 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR. XJ · texte numérisé non relu

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obscurités dans le tableau du passé, ou même d'y combler des lacunes. Mais', ne perdant pas de vue, dans la mention subsidiaire et l'appréciation indirecte de ces faits, la réserve commandée par la diversité des dates et des circonstances , il ne les a généralement envisagés, lui-même, que comme une matière à digressions d'une valeur relative et d'un intérêt plus ou moins accidentel. On comprend ainsi parfaitement la nécessité qu'il y avait d'établir, dans son livre , des distinctions chronologiques, assez précises pour obvier partout à la confusion des temps et aux erreurs qu'elle pourrait entraîner. L'auteur s'est astreint , du reste , à n'admettre et n'affirmer positivement que des faits bien avérés, se présentant sous la double garantie de l'irrécusable autorité des témoignages et de l'authenticité des sources.

« J'ai cru de mon devoir, » dit-il dans sa préface, « de ne jamais avancer que comme vraisemblable ou possible, sous une forme dubitative, tout ce qui n'est fondé que sur des probabilités, des inductions, des assertions contestables ou de simples conjectures. » Ce sont bien réellement les mœurs des Romains du temps de l'empire, peintes par eux-mêmes, dont il nous offre le tableau, tant il a multiplié les citations de témoignages contemporains et se montre sobre d'hypothèses et de jugements personnels, dans toutes

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les parties de son livre. Ce sont là des scrupules dont il faut lui savoir gré , la réserve qu'il a gardée ne pouvant qu'ajouter à la valeur d'un ouvrage pareil. Si, après cela, il reste des inégalités et des lacunes dans les développements d'un aussi vaste sujet, il n'en faut accuser que l'insuffisance partielle de matériaux, souvent même le manque absolu de renseignements. Quand on s'applique à faire sérieusement de l'histoire et non du roman, il faut, naturellement aussi , se résigner à subir toutes les conditions de cette tâche.

La méthode adoptée, suivant ces explications, par l'auteur du tableau des mœurs romaines à Tépoque des deux premiers siècles de l'empire , a été religieusement observée par lui en tous points , comme il est facile de s'en convaincre à la lecture des pages intéressantes dans lesquelles il nous initie à toutes les particularités de la vie publique et privée de la société romaine , vue des coulisses. Un de nos philologues les plus distingués, M. Fix, bibliothécaire du Conseil d'État , avait conçu l'opinion la plus favorable de l'ouvrage de M. Friedlaender, rien de plus complet, ni de plus saisissant n'ayant été publié jusqu'à présent sur la matière. Heureux de nous être rencontré dans cette appréciation avec un critique aussi compétent que M. Fix, nous ne doutons, guère que le public lettré ne tienne à confirmer, en France aussi, le jugement qui

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a déjà été porté sur ce livre en Allemagne. Nous n'avons donc pas hésité à en entreprendre la traduction. Dans le plan de ce travail, nous ne nous sommes pas écarté de la division adoptée par l'auteur; mais, tout en nous attachant à reproduire fidèlement, sans en rien distraire d'essentiel, le vaste fonds d'érudition dont nous sommes redevables à ses savantes et laborieuses recherches , nous avons cru nécessaire , dans l'intérêt du livre même, vis-à-vis de ses nouveaux lecteurs, de nous ménager une certaine liberté d'allures plutôt que de nous astreindre à la servitude d'une version textuelle en tous points.

L'original allemand, même dans la seconde édition, sur laquelle a été fait notre travail, est hérissé d'une multitude de notes , pleines de détails et d'observations, qui ajoutent beaucoup à l'intérêt des chapitres qu'elles accompagnent , mais le scindent et le divisent trop. Nous avons jugé préférable de fondre dans le texte même la substance de tout ce qui nous a paru susceptible d'y être incorporé. Nous n'avons pas hésité non plus à élaguer certains détails d'érudition, trop minutieux, sans étroite liaison avec le fond du sujet, et ne s'adressant qu'aux philologues et aux archéologues. De simples renvois à l'ouvrage original pouvaient suffire pour cette classe , peu nombreuse , de lecteurs savants. Nous avons supprimé de même près-

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