‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 65 sur 266 · LIVRE II. — LA COUR · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LA COUR

comme aide, dans sa correspondance ^ Après l'organisation du service de ce déparlement, ses chefs furent généralement des affranchis, jusque vers la fin du premier siècle. Des deux divisions, l'ime grecque, l'autre latine, qu'il comprenait, chacune dut avoir, de tout temps, son chef particulier. Cependant, la haute direction du département entier, pendant le premier siècle de l'empire, paraît avoir été constamment dans une seule main. Il est du moins impossible que le tout-puissant Narcisse, chargé du secrétariat sous Claude, n'ait été qu'un simple chef de division, car cette position ne lui aurait pas permis de tenir son rang à côté de Calliste et de Pallas. Sous Domitien aussi, le titulaire ab epistolis dirigeait l'ensemble de ce département. En effet, Abascantus, le secrétaire impérial du temps, paraît avoir été, d'après Stace -, en correspondance avec toutes les parties de l'empire, les pays de langue grecque comme ceux de langue latine, et, de la part de cet auteur contemporain, des erreurs grossières et palpables ne pourraient se concevoir, même comme des licences poétiques. Mais, dans le siècle suivant, il y eut un changement, à ce qu'il paraît, peut-être lors de la réorganisation de toute l'administration impériale, par Adrien. A cette époque, en effet, le bureau de la correspondance latine et celui de la correspondance grecque paraissent avoir été constitués en sections entièrement distinctes. L'extrême encombrement des affaires pourrait bien avoir fait reconnaître, alors, l'opportunité et l'urgence

1 Ante ipse scribendis epistolis sufïiciebam ; nunc occupatissimus et infirmus Horatiiim nostrum a te cupio abducere : veniet ergo ab ista parasitica mensa ad banc regiam , et nos in scribendis epistolis juvabit. (Suétone, Vie d'Horace.)

~ Silves, V, 1 , 83.

même de cette séparation, d'autant plus qu'avec la centralisation croissante, ce fut précisément dans cette branche que le travail prit le plus d'extension; car, dit Stace, en parlant de l'empereur :

nie subaclis

Molem immensam humeris et vix tractabile pondus Imposuit (nec enim numerosior altéra sacra Cura domo), etc

Cette citation est empruntée à la pièce de vers adressée par l'auteur des Silves à l'affranchi Abascantus, après la mort de son épouse, Antistie Priscille. Il dit l'avoir composée dans son application constante à témoigner, dans la mesure de ses faibles moyens, de son profond dévouement pour tout l'entourage de l'auguste maison du souverain, attendu que celui qui adore les dieux avec un cœur fidèle doit aimer aussi les ministres de leurs autels. L'empereur, à la pénétration duquel n'avaient pas échappé les capacités et les talents rares d'Abascantus, jeune encore, n'avait-il pas cru devoir poser lui-même sur les épaules de son protégé l'énorme charge du département le plus encombré d'affaires de sa maison sacrée? Priscille en exprima sa joie et sa reconnaissance au prince, en se jetant à ses genoux. Abascantus eut désormais à expédier les ordres de son maître dans le monde entier, à diriger les forces et à administrer toutes les ressources de l'empire, à recevoir les messages de victoire de l'Euphrale, du Danube, des bords du Rhin, des pays les plus reculés, dé Thulé même : en un mot, d'aussi loin qu'avaient pu pénétrer les armées romaines; car, sous un règne glorieux, ce n'est jamais avec la plume, le signe des mauvaises nouvelles, mais

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