‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 76 sur 266 · LIVRE II. — LA COUR · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LA COUR

on leur envoyait des cadeaux, pour s'assurer de leur appui en vue d'un avancement'. Des candidats à la préture, au consulat même, faisaient la cour aux esclaves du palais^.

Parmi les esclaves les plus considérables de la maison impériale, on distinguait les dispensateurs (comptables et caissiers^), non seulement à la cour même, mais aussi auprès des nombreuses administrations de la capitale et des provinces*. On peut juger de l'importance de leurs recettes par le fait qu'Othon put, en retour du service qu'il avait rendu à un esclave de la maison impériale en lui procurant une de ces places, auprès de Galba, lui extorquer un million de sesterces ^ Rotundus, esclave dont Claude avait hérité de Drusilla, et qui fut dispensateur dans l'Espagne citérieure, possédait un vase d'argent de 500 livres, d'un travail si compliqué qu'il avait fallu, pour le faire, établir un atelier spécial. Plusieurs de ses adjoints avaient des vases semblables, quoique d'un moindre poids <^. Dans un columbarium' sur la voie Appienne, à côté du tombeau des Scipions, on a découvert l'épitaphe d'un dispensateur de la principale caisse impériale de la Gaule lyonnaise, esclave de Tibère. Elles provient de seize de ses propres esclaves {vicariï), qui l'avaient accompagné dans un voyage à Rome, où la mort le surprit. On peut juger du grand état de sa maison, d'après cette escorte. Elle se composait.de trois se-

1 Epictète, Diss.y III, 8. 31.

■^ Ibid., IV, 7, 23.

3 Voir Becker, Gallus , II. 97.

* Suétone, Galba j chap. xii. — Vespasien, chap. xxii.

^ Le même, Othon, chap. v.

« Pline, Hist. nat., XXXIII, 145.

' * Nom d'une construction affectée au dépôt d'urnes funéraires. *

crétaires (a manu), deux valets de chambre (a cubiculo), deux cuisiniers, deux valets de pied (pedisequi), deux argentiers {ab argento], d'un médecin, d'un maître de la garderobe, d'un homme d'affaires, d'un intendant {sumptuarius] et d'un domestique dont l'emploi n'est pas désigné * .

II va sans dire que beaucoup de services nécessaires à une cour ne pouvaient, d'après leur nature, être remplis par des affranchis ou des esclaves de la maison impériale, au moins ceux qui exigeaient la connaissance d'un art ou d'une science professionnelle. Parmi les personnes attachées au service de la cour, sans pour cela appartenir à la maison impériale, celles dont il est fait le plus mention étaient les médecins particuliers de l'empereur, les astrologues de la cour et les précepteurs des princes.

Les précepteurs de la famille impériale furent quelquefois des hommes de qualité. Sénèque était déjà sénateur, quand il fut appelé à faire l'éducation du jeune Néron, alors âgé de huit ans-; probablement aussi Fronton , quand il se chargea de l'instruction de Marc-Aurèle et de Lucius Vérus, lorsqu'ils s'appelaient encore, le premier M. Antonius Vérus, le second L. Commode ^ On peut admettre qu'on portait ordinairement le choix, pour ces fonctions, sur

1 Henzen, 6651.

2 Suétone, Néron , chap. vu.

3 Niebuhr, Préface à Fronton, p. xxi.

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