LIVRE U. — LA COUR
des hommes jouissant d'une grande renommée, dans leur partie. Quintilien professait depuis vingt ans Fart oratoire.
Rome, quand Domitien le chargea de l'instruction des petits-fils de sa sœur Domitiila'. Le fameux rhéteur Théodore de Gadara fut aussi le précepteur de Tibère ^. Quand ces maîtres étaient de condition moindre, on les logeait probablement au palais. Lorsque Auguste nomma précepteur de ses petits-fîls le célèbre grammairien Verrius Flaccus, il le prit dans sa maison avec toute son école, en ne lui demandant que l'engagement de ne plus admettre de nouveaux élèves , et il lui alloua un traitement de 100,000 sesterces ou 25,000 fr.^ Le stoïcien AppoUonius, qu'Antonin le Pieux avait fait venir de Chalcis pour l'instruction du jeune Marc-Aurèle, refusa d'habiter le palais Tibérien, où demeurait son disciple; et, comme il insista pour que celui-ci vînt chez lui, l'héritier du trône se rendit effectivement à son désir "*. Ausone^ nous a laissé la liste, incomplète cependant comme il paraît, des savants romains qui obtinrent la distinction d'honneurs consulaires à titre de précepteurs de princes. Sénèque et Quintihen, comme en 143 Hérode Atticus, précepteur de Marc-Aurèle^ Fronlon et plus tard aussi Titien, qui fut probablement le précepteur de Maximin le Jeune ^, en jouirent.
Bien que la maison impériale eût un personnel médical nombreux, ne fût-ce qu'à raison des spécialités multiples
1 Quintilien , livre IV , Préface.
- Suétone, Tibère, chap. lvii.
3 Suétone, Grammairiens illustres, chap. xvii.
* Vie d'Antonin le Pieux , chap, x. — Vie d'Antonin le Philosophe, chap. III. — Marc-Antonin , Comment. 1 , 8. '" Ad Gratianum, éd. de Deuxponts , p. 290. « D'après la biographie de ce dernier, chap. i.
de la médecine du temps, qui en connaissait une jusque pour les maux d'oreilles', le choix des médecins attachés à la personne de l'empereur n'en dépendait pas moins de sa confiance, et celle-ci de leur réputation. Les autres officiers de santé de la maison impériale n'y étaient probablement employés que comme des aides subalternes; car il y avait là aussi une tertaine hiérarchie, et une ancienne inscription^ distingue un médecin en chef (supra medicos) et un décurion des médecins (decurio medicus). Les médecins de l'empereur, dans les premiers temps de l'empire, recevaient un traitement annuel de 250,000 sesterces. On cite parmi eux Antoine Musa, qui fut peut-être un affranchi du triumvir \ et le médecin d'Auguste, Marc Antoine Asclépiade, auquel on érigea un monument à Smyrne. Q. Stertinius fit valoir comme un sacrifice, qu'il s'imposait par dévouement pour la maison impériale, de s'être contenté du double de la somme indiquée ci-dessus, en certifiant, par l'énumération des familles qui se faisaient auparavant traiter par lui en ville, que cette clientèle ne lui rapportait pas moins de 600,000 sesterces. Le frère de ce Stertinius obtint un traitement égal de Claude, et, bien que tous les deux eussent fortement ébréché leur fortune par de grands travaux d'embellissement à Naples, ils laissèrent chacun 30 millions de sesterces à leur mort*. Il y eut aussi beaucoup de médecins grecs attachés à la cour des empereurs. Tels furent, entre autres, le médecin de Claude, Xénophon; le principal médecin de Néron, An-
1 Orelli, 4227 : T. yElius Amintas, Aug. lib. medicus auricularius. Marc-Aurèle, VIII, 31.
2 Columb. lib. Livix (Orelli, 2974).
3 Dion Cassius, LUI, 30.
i Pline, Ilist. nat., XXIX, 7.