‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 78 sur 266 · LIVRE II. — LA COUR · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LA COUR

ciromaque de Crète; celui d'Adrien, Hermogène ' et le célèbre Galien, qui fut médecin de Commode. Xénophon, de la famille des Asclépiades de Cos, obtint, en l'an 53 de notre ère, l'immunité d'impôt pour cette île. Il passe pour avoir empoisonné Claude l'année suivante, de complicité avec Agrippine ^. En général les médecins du temps étaient souvent accusés d'empoisonnement par leurs ennemis, non moins que d'adultère avec les princesses, auprès desquelles leur profession leur donnait un libre accès. Pline ^ mentionne à ce sujet Vettius Valens d'Ariminum, où Ton a retrouvé plusieurs monuments de sa famille, médecin célèbre sous Claude et amant de Messaline, dont il partagea le supplice en 48. Xénophon pourrait bien avoir été celui qui le remplaça. Eudème, médecin delà bru de Tibère^ Livie, nommé par le môme auteur, fut le confident des relations adultérines de cette princesse avec Séjan, et vécut lui-même dans l'adultère avec elle \ Les astrologues non plus ne manquaiej>^à ces cours. C'étaient presque toujours des Grecs ou des Orientaux. L'astrologie avait pourtant ses dangers, particulièrement menaçants pour le trône. Ses prédictions réveillaient les passions de leur sommeil, excitaient aux pensées sinistres, et poussaient ses adeptes à l'action en leur prêtant le courage du fatalisme. Aussi renouvela-t-on continuellement des défenses interdisant la pratique de l'astrologie et édictant l'exil et d'autres peines rigoureuses contre les Chaldéens. On eut beau faire. Les empereurs eux-mêmes consultaient presque tous des astrologues, et plusieurs d'entre

* Dion Cassius, LXIX, 22.

2 Tacite, Annales, XII, 61 et 67.

3 Hist. nat., XXIX, 20. — Voir aussi Tacite, Annales, XI, 31 et 35.

* Tacite, Annales, IV, 3.

eux, tels que notamment Tibère, Adrien et Sévère, étaient profondément initiés aux mystères de cette prétendue science. La cour attribuait à Tastrologue Thrasylle, qui resta l'inséparable compagnon de Tibère jusqu'à la mort de l'empereur, une influence absolue sur ce prince généralement si taciturne ^ Vespasien, non moins adonné à cette superstition, accorda comme une faveur spéciale, sur la demande de l'astrologue Barbillus d'Éphèse, l'institution d'une fête périodique, accompagnée de jeux, à cette ville, la seule qui obtint jamais de lui ce privilège ^. Beaucoup d'inscriptions de vainqueurs font mention de ces jeux barbiiléens. Barbillus n'était autre que le fameux astrologue d'après le conseil duquel Néron, à l'apparition d'une comète en l'an 65, fît exécuter plusieurs chefs de l'aristocratie, pour détourner de sa tête le danger dont on la disait menacée ^ Il arriva plus d'une fois que la destinée des plus grandes familles fut ainsi à l'arbitre des astrologues de la cour. Le sujet auquel, d'après leur dire, son horoscope promettait le trône, n'avait ordinairement à choisir qu'entre deux extrémités, celle de conspirer ou d'aller tranquillement à sa perte *. Tibère, Domitien, Caracalla, ordonnèrent des exécutions sans plus de motifs. Domitien fit périr Metius Pomposianus sur un simple augure que la superstition populaire attachait à sa naissance ^. Il paraît que la mort de Nerva était aussi déjà

1 Tacite, Annales ^ VI. 20, etc. — Suétone, Octave, chap. lxlviii: Tibère, chap. xiv et lxii. — Dion Cassius, LVII , 15 et LVIII, 27.

- Dion Cassius , LXVI , 9.

=5 Suétone, Néron, chap. xxxvi. — Tacite, Annales, XV, 47. — Dion Cassius, LXI, 18.

4 Dion Cassius . LVII , 19, au sujet de Tibère, et LXXVIII, 2, au sujet de Caracalla.

" Suétone , Domitien , chap. x : Quod habere imper atoriam genesin vulgo ferebatur.

Page 1