‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 2)Chapitre 82 sur 266 · LIVRE II. — LA COUR · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LA COUR

ment, pour la même raison, la dénomination de cohorte (cohors), par laquelle on avait l'habitude de désigner, sous la république, l'entourage des gouverneurs de provinces et l'état-major des généraux. Les deux qualifications d'amis et de compagnons, certainement identiques, étaient souvent aussi employées conjointement dans le même sens. Les Grecs n'en avaient qu'une, celle d'Ixaïpoç ou 91X0?, pour désigner celte double qualité. Cependant, on appelait aussi comités des personnes attachées à la suite de l'empereur, d'après son désir, même sans la qualité d*amis en titrée

Les divers membres de la famille impériale avaient de même chacun sa propre cour, ainsi que ses amis et compagnons particuliers. Domitius, le père de Néron, faisait, comme Séjan, partie de la cohorte de C. César-. L'astrologue Thrasylle figurait parmi les compagnons de Tibère, déjcà du vivant d'Auguste ^ L'illustre Germanicus eut ses amis et compagnons particuliers^ La cohorte de Drusus, fils de Tibère, était formé d'amis de l'empereur même'. On mentionne aussi des particuliers qui eurent leurs compagnons attitrés; ces derniers pouvaient bien être quelquefois des clients du personnage dont ils composaient la suite.

Les rapports des amis et compagnons avec le souverain, prirent à la cour des premiers empereurs déjà des formes arrêtées, dans la détermination desquelles on ne s'attacha pas, cependant, à suivre simplement les traditions mentionnées plus haut, comme dans la division des amis en

1 Tacite, Annales, I, 47; II , 65. — Staco, Silves, III, 3, 71. - Suétone, Néron, chap. v. — Tacite, Annales, IV, 1. ^ Le même, Octace, chap. xcviii.

' Tacite, Annales, III. 13.

•' Ibid., I, 27 , 29.

classes, introduite des le commencement, mais on s'appliqua plutôt à copier les modèles du cérémonial des anciennes cours de l'Orient. La noblesse de la cour de Perse présentait une hiérarchie à plusieurs degrés, basée sur le plus ou moins d'intimité des relations naturelles de ses membres avec la personne du roi, et dans laquelle on distinguait les parents, les amis et les commensaux, classes dont chacune avait ses privilèges et ses insignes particuliers ^ Alexandre le Grand transporta cette organisation à la cour de Macédoine 2, d'où elle passa ensuite à celles des dynasties fondées par ses lieutenants, des Séleucides^ et des Ptolémées surtout^. Ce fut probablement la cour d'Egypte que l'on prit d'abord pour modèle à Rome. La dénomination d'ami y perdit ainsi tout à fait son sens propre; elle devint de plus en plus un titre officiel, indépendant des liens d'amitié personnels, et peutêtre môme invariablement attaché à certains grands offices, tels que, par exemple, les hautes préfectures. Il y a lieu de croire, en effet, que non seulement les empereurs choisissaient presque toujours les préfets parmi leurs amis, mais aussi que les préfets étaient, du chef de leur office môme, depuis le deuxième siècle du moins, compris dans les amis, n'eussent-ils pas antérieurement déjà obtenu cette qualité. De môme le mot ffuyysv^^ji;, parent, était en Orient, suivant Letronne^, un titre des hauts fonction-

1 Letronne, Recherches pour servir à V histoire d'Egypte, p. 58, etc. et 314.

2 Ibid. et Qulnte-Curce, VI, 5, 11.

3 Josèphe, A. J., XII, 7,3,9, 1; XIII, 4,5.— Machabées , 1,3, 38, 10, 65.

* Letronne, dans l'ouvrage précité, p. 58, etc. — Plutarque, De Exil., chap. VII, p. 601.— Polybe, XXX, 11. — Josèphe, 1. c.xni,3,4. s Ouvrage précité, p. 321.

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