LIVRE X. — LÉS BELLES-LETTRES
Néron, pour le prix de l'Agcn, fondé par cet empereur, et l'année suivante il commença ssiPharsale\ Néron aussi avait, encore enfant, déjà montré, par des poésies, qu'il possédait les éléments d'une bonne éducation ', et Lucius Vérus, au même âge, aimait'également à faire des vers ^ Martial n'était pas fâché de voir les bagatelles poétiques de ses années d'écolier, qu'il avait presque oubliées lui-même, en vente dans la librairie*. La réputation 'jde Serranus, qui mourut jeune, se fondait sur les poésies de son enfance et les grandes espérances qu'elles avaient fait concevoir ^ Le rhéteur P. Annius Florus concourut, encore enfant, avec une poésie ayant pour sujet le triomphe sur les Daces, pour la couronne capitoline, qu'obtint en l'an HO après Jésus-Christ, d'après la décision unanime des juges, un adolescent de treize ans^ L. Valérius Pudent d'Histonium.
C'est avec la préparation d'études comme celles doot il vient d'être parlé, que les enfants plus avancés et les adolescents passaient à l'école du rhéteur, pour y étudier, dorénavant, non plus les modèles de la poésie, comme naguère, mais ceux de la prose, là aussi en partie sous la direction des professeurs. La direction littéraire dominante y exerçait, naturellement, sur le choix des auteurs, la
* Genthe, De viia Lucafii^ p. l'i, 37, 47, 50, etc., 71, etc.
' Tacite, Annales, XIII, 3.
3 Vie de Lucius Vérus^ ch. ii.
« Martial, I, 113.
» Quintilien, X, !, 89.
même influence que dans l'école des garçons. Quintilien* recommandait, pour de jeunes commençants, Tite-Live et Gicéron, voulait que l'on réservât Salluste pour des intelligences plus mûres, et crut déjà devoir avertir que l'on se gardât de mettre Gracchus et Gaton entre les mains des écoliers. Fronton, au contraire , recommanda ces derniers auteurs et leurs pareils, par-dessus tout, au jeune Marc-Aurèle*, et ce prince, alors âgé de vingt et un à vingt-deux ans, étant né en 121, partagea entièrement le goût de son précepteur ; car, renonçant de bonne heure à Tétude d'Horace ', il s'adonna, de son propre aveu, tout entier à Gaton et se trouvait souverainement édifié par les discours de Gracchus ^ Gependant, Gicéron était aussi reconnu comme un modèle, même par les amis du vieux langage, et bien qu'il ne fut pas tout à fait l'orateur répon-. dant à l'idéal d'un Fronton *, il maintint néanmoins, au deuxième siècle, sa place, dans les écoles des rhéteurs, aussi fermement que Virgile dans les écoles des grammairiens.
L'instruction, à l'école du rhéteur ou rhétorique, consis^ tait principalement dans les exercices propres auxquels les élèves, procédant graduellement du plus au moins facile, se livraient sous la direction du professeur. Ges exercices, se reliant aux sujets et aux idées puisés à l'école de grammaire, dans les œuvres des poètes, étaient en partie trèspropres à nourrir les inclinations poétiques qui s'y étaient réveillées, ainsi qu'à en favoriser le développement ulté-