‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 11 sur 241 · LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES · texte numérisé non relu

LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES

rieur*. Les élèves commençaient par faire des compositions écrites, sur des sujets donnés. Dans les narrations d'événements historiques, sujets sur lesquels on les obligeait à s'essayer d'abord, ils aimaient, prenant exemple de la liberté des poètes, à faire rentrer toute sorte de descriptions, surabondamment développées; cependant, les maîtres hommes de sens préféraient ces écarts de jeunesse, qui témoignaient au moins de talent, à l'aridité et à la sécheresse. Les thèmes suivants étaient des dissertations sur la vraisemblance ou l'invraisemblance de certains mythes et contes mythiques, dans lesquelles il y avait à examiner, par exemple^, si l'on pouvait ajouter foi à la tradition portant que, dans le combat singulier de Valérius avec un Gaulois, était réellement venu se poser sur la tête du guerrier romain un corbeau, qui frappa de ses ailes le visage et arracha du bec les yeux de son adversaire? ce que c'était que le serpent qui aurait engendré Scipion, la louve deRomulus et de Rémus, ou l'Égérie de Numa? L'histoire ancienne de la Grèce offrait surtout un riche fonds de thèmes pareils. Il y avait, ensuite, l'éloge ou le blâme d'hommes célèbres; les lieux communs proprement dits, concernant particulièrement les types des vices et des travers humains, comme par exemple l'adultère, le joueur, le débauché, le ' proxénète, le parasite, ou les variétés de Taveugle adultère, du pauvre joueur, du vieillard débauché ; des comparaisons de la vie en ville avec la vie de campagne, de la profession du jurisconsulte avec celle du soldat, du mariage avec le télibat ; des dissertations sur l'origine de certaines coutumes et de certaines idées, comme pourquoi

* Voyez, pour ce qui suit, Quinlilieu, II, 4, et Suétone, J)e rhetoribus, CI.

les Lacédémoniens représentaient Vénus armée, ou pourquoi l'on se figurait Gupidon comme un enfant avec des ailes, ainsi que muni de Tare, d'une flèche et d'une torche. Ces thèmes, en majeure partie, se prêtaient trèsbien à des exercices poétiques; le dernier, par exemple, a été effectivement traité dans une élégie par Properce \ et les avantages de la vie champêtre sur le séjour de la ville étaient, notamment, un thème favori des. poètes.

Après des préparations pareilles, les élèves passaient à l'exercice des essais oratoires, à ce que l'on appelait des déclamations. A cet effet, les commençants faisaient des monologues, pris dans le rôle de quelque personnage historique, où ils exposaient les raisons militant pour et contre telle résolution importante et décisive. Là aussi, on empruntait quelquefois des personnes et des situations à la poésie : Agamemnon, par exemple, réfléchissait s'il devait sacrifier Iphigénie. Cependant, les sujets tirés de l'histoire romaine des anciens temps avaient la prépondérance : ainsi Annibal réfléchit s'il doit conduire ses troupes vers Rome; Sylla, s'il doit abdiquer la dictature; Gicéron, s'il doit faire amende honorable auprès d'Antoine, pour sauver sa vie. Perse, enfant, s'était souvent frotté les yeux d'huile, afin de pouvoir manquer l'école, sous le prétexte de maux d'yeux, quand il ne se souciait pas d'apprendre par cœur le discours pathétique de Caton, procédant au suicide, discours dans lequel un maître homme de sens ne trouvait rien à louer, mais pour l'audition duquel le père d'un fils plein d'espérances invitait ses amis, et qui le mettait en nage, tant il avait d'élnotion en l'écoutante Si des thèmes pareils, pour lesquels

» m, 12, éd. Keil.

2 Perse, Sat.y III, 44, etc. ^

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