‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 114 sur 241 · LIVRE XI. LA STT[TAT10N RELTfilEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. LA STT[TAT10N RELTfilEUSE

d'autres de dire des choses qui éblouissent et frappent*.

Il insiste constamment sur la simplicité et la clarté dans les interprétations des songes, pour qu'elles soient facilement intelligibles, et repousse celles qui en imposent au vulgaire par la subtilité et l'artifice; il y voyait même un blasphème, en ce que l'on y prête en quelque sorte aux dieux, qui envoient les songes, l'intention de tromper \ Il n'était fier que de l'exactitude et de la précision de sa propre interprétation. Son livre contient d'ailleurs des preuves nombreuses de sa sincérité et de sa véracité; aussi eut-il la satisfaction de pouvoir constater que, si des critiques malveillants et méticuleux avaient bien trouvé à redire à ce que son travail n'était pas toujours assez complet et assez détaillé, dans le sens de leurs désirs, personne cependant n'avait jamais osé prétendre y avoir trouvé la plus légère infraction à la vérité ^ Or moins ce livre, dont on ne pourrait s'expliquer la production et la propagation, sans l'existence d'un cercle de lecteurs instruits, partageant les mêmes idées, offre trace du souffle d'un esprit mystique, dans l'acception propre du mot, ou fantastique, plus il est conséquent dans ses déductions, raisonnable et méthodique, plus il mérite aussi d'être signalé, comme une preuve frappante du fait qu'à cette époque même -la froideur de l'esprit, avec une certaine dose de rationalisme, n'excluait pas la foi en une providence divine , qui se manifestait continuellement par des miracles.

De ces miracles, les plus palpables et les plus convain-

« Artémidore, 1, proœm.; Il, 60 et 70. » Ibidem, IV, 63 et 7.3.

' fbidenitW. proœm.

cants, c'étaient les guérisons de maladies, par des moyens inspirés en songe ; c'étaient, en conséquence, aussi ceux que la foi^ y trouvant un aliment perpétuel, créait le plus volontiers et le plus fréquemment. Ces miracles s'accomplissaient, naturellement avec une préférence marquée, dans Tenceinte sacrée des temples des dieux guérisseurs, Esculape, Isis et Sérapis, qui y opéraient encore d'autres miracles. Ainsi Aristide, en parlant des eaux intarissables de la fontaine sacrée du temple d 'Esculape à Pergame, assure qu'en s'y baignant beaucoup de personnes avaient recouvré la vue, ou avaient été guéries de maladies de poitrine, d'asthmes et de déviations du pied; qu'un muet, en ayant bu, avait obtenu l'usage de la parole, et que plus d'un malade s'était même trouvé guéri rien que pour avoir puisé à cette fontaine \ Il n'était même pas rare que le dieu apparût en personne aux croyants. Origène se plaint de ce que Gelse, appelant les chrétiens des simples, à cause de leur foi dans les miracles de Jésus-Christ, a la prétention de leur faire accroire qu'une multitude d'Hellènes et de barbares, d'après leur propre assurance, ont vu et voient encore JEsculape non pas seulement leur apparaître comme à des visionnaires, mais opérer des guérisons, répandre des bienfaits et prédire l'avenir de sa personne. A ces assurances Origène oppose les témoignages innombrables de ceux qui ont vu les miracles du Christ, et il ajoute avoir vu lui-même des hommes, que n'avaient pu guérir aucune puissance humaine, ni aucun démon, délivrés, par la simple invocation des noms de Dieu et de Jésus, de maladies graves, de la possession du démon et de la folie, ainsi que de beaucoup d'autres

' Aristide, Or., XVIII, éd. Dind., I, p. 413.

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