‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 116 sur 241 · LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGEUSE

demment à des ordonnances délivrées en songe. Aux environs de Velléja et de Plaisance, il y avait le sanctuaire d'une Minerve, que l'on appelait Minerve memor (qui se souvient), ou bien Minerve medica (qui guérit) de Gabardiacus, parce qu'elle se montrait secourable dans les maladies. Son aide était naturellement surtout invoquée par les malades du canton, parmi les inscriptions votives et les dédicaces desquelles plusieurs se sont conservées. Il y en a, dans le nombre, une d'un préfet de cohorte, natif de là probablement, envoyée par lui de l'île de Bretagne. Une femme remercie la déesse de Tavoir délivrée d'une grave infirmité, au moyen des médicaments qu'elle lui avait fait la grâce de lui procurer ; une autre s'acquitte du vœu qu'elle avait fait pour voir repousser ses cheveux ; un homme fait à la déesse l'offrande d'oreilles on argent, pour le rétablissement de l'ouïe ^ Mais non-seulement les dieux guérisseurs, tous les dieux indistinctement pouvaient se montrer secourables dans les maladies, comme dans toutes les peines, par l'envoi de songes ou autrement. Ainsi un esclave des pontifes à Rome fait, en mauvais latin, à la* « bonne déesse » l'offrande d'une génisse blanche, en remercîment de lui avoir rendu la vue, « ayant, déjà abandonné par les médecins, guéri, au bout de dix mois, par la grâce de la dame et l'emploi de ses médica^ ments* ».

En effet, bien que la tradition et la foi attribuassent à

chaque dieu en particulier une sphère principale d'activité

i et de munificence, conforme à son caractère et à tout son

être, la puissance des dieux n'en était pas moins considé-

1 p. Bortolotti, Iscriz. votive a Miner va Cabardiacense^ Huit. d. Inst., 1R67, p. 31U,etc. (3, 4), 337» etc. (6, 8). 'Orelli, 1518.

rée comme illimitée, en général, et leur permettant d'intervenir partout où il plaisait au dieu qui voulait en user, même hors des limites de son ressort spécial. Chaque dieu passait notamment aussi pour avoir toujours le pouvoir de porter secours, et l'on implorait son aide pour toute espèce de choses, où on le croyait proche, bienveillant et révéré ^ Toutes les choses dans lesquelles le croyant reconnaissait l'action d'un pouvoir supérieur, il les rapportait, tout naturellement et spontanément, à ce dieu auquel il avait l'habitude d'adresser ses prières, depuis son enfance, ce dieu dont la sainteté, l'autorité et la renommée prévalaient dans la ville ou le canton qu'il habitait , et de la puissance duquel il pensait avoir lui-même déjà ressenti les -effets. Ainsi Aristide avait entendu dire, par maintes personnes, que le dieu Esculapeles avait sauvées lui-même, dans une tempête sur mer, en leur tendant la main^ Et ce qu'était Esculape non-seulement pour tous ceux qui avaient trouvé leur guérison dans son temple, mais pour tous les habitants de Pergame et des environs, dans un rayon plus ou moins étendu, ainsi que des autres localités célèbres pour le culte de ce dieu, la grande Diane l'était pour Éphèse, Sérapis pour Alexandrie et, en général, pour chaque district ou contrée, le dieu qu'on y révérait principalement, ce sauveur que l'on était naturellement le plus tenté d'invoquer dans toutes les peines, grandes ou petites. Pausanias, en parlant d'un temple de Pan, non loin de Mégalopolis en Arcadie, dit : ce De même que les dieux les plus puissants, ce Pan aussi a le pouvoir d'exaucer parfaitement les prières des hommes, et de traiter les méchants comme ils

• Lehrs, Ëcrits populaires, 138, etc. (en allem.)^

* Aristide, Ora^., Yl, in /Esculap., éd. Dind., I, p. 68*

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