‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 128 sur 241 · LIVRE XI. LA SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. LA SITUATION RELIGIEUSE

daos le fleuve, ceignaient des couronnes de lierre et se rendaient ainsi au temple de Bacchus\

Dans le voisinage du fleuve Crathis, il y avait un sanctuaire de la déesse de la Terre (Gaea), ce aux larges mamelles », avec une image en bois de la plus haute antiquité. Les prêtresses étaient tenues à une vie chaste, et on n'admettait, pour cet office sacerdotal, que des femmes n'ayant connu qu'un seul homme. On éprouvait la vérité de leur déclaration par une gorgée de sang de bœuf, et celles qui ne soutenaient pas l'épreuve étaient punies sur-le-champ. Entre plusieurs concurrentes ayant les mêmes titres, le sort décidait ^

L'image de Diane Orthie à Sparte était, d'après une légende également admise par Pausanias , la même qu'Oreste avait enlevée du temple de laTauride. La déesse exigeant toujours encore que l'on aspergeât son autel de sang humain, on continuait à fouetter des adolescents jusqu'au sang, près de cet autel. La prêtresse tenait dans ses bras la petite figure en bois de la déesse. Quand les exécuteurs de la flagellation ménageaient un garçon, touchés par sa beauté ou par sa condition, la statue s'alourdissait tellement que celle qui la portait fléchissait aussitôt sous le poids. Plutarque dit qu'on avait, même encore de son temps, vu beaucoup de flagellés mourir sous les coups'.

A Alée, en Arcadie, des femmes étaient fouettées, d'après une sentence de l'oracle de Delphes, à une fête de Bacchus^ A Orchomène en Béotie, le prêtre de Bacchus

* Pausanias, VII, 19, 20.

» Ibidenif 25, 8.

» Pausanias, III, 10. — Plutarque, Lycurgue, cU. xviii, ?..

* Le même, VIII, 23, i.

poursuivait, lors de la fêle annuelle des Agrionies, un glaive à la main, les femmes^ que l'on prétendait issues des filles maudites de Minyas. Il lui était permis de tuer celle qu'il pouvait atteindre , ce qu'avait fait efTectivement , au temps de Plutarque, le prêtre Zoïle. Mais le courroux des dieux, excité par cette rage fanatique, frappa non-seulement le meurtrier, qui mourut d'une affreuse maladie, mais toute la ville d'Orchomène, qui n'en eut que dommages et préjudice; aussi les habitants enlevèrent-ils le sacerdoce à la famille de Zoïle, et le conférèrent-ils désormais par élection*. A Alphéon, en Arcadie, on révérait, avec plus de ferveur que toute autre divinité, Minerve qui, d'après la légende de l'endroit, y était née de Jupiter et y avait été élevée. Or, avant la grande fête annuellement célébrée en l'honneur de la déesse, les habitants y offraient un sacrifice et adressaient des prières au héros Myiagre, c'est-à-dire chasse-mouches, afin de ne pas être incommodés par les mouches, pendant la fête ^ Dans la localité voisine de Titane, il y avait un temple d'Esculape, très-fréquenté par des malades, qui trouvaient des logements dans le voisinage. Dans Tenceinte du mur qui bornait le rayon du temple, s'élevaient de vieux cyprès. De l'image du dieu on ne voyait que la tête, les mains et les pieds ; tout le reste était couvert d'une tunique de laine et d'un manteau. Une statue d'Hygiée, placée à côté, était toute couverte de cheveux, que les femmes se coupaient pour en faire hommage à la déesse, ainsi que de bandes de tapis babyloniens. Dans le voisinage il y avait un autel des vents, auxquels le prêtre offrait, chaque année, un sacrifice

' Plutarque, Qu. Gr., 38. — Herzberg, l. c, 259. 2 Pausanias, VIII, 26. 4.

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