‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 131 sur 241 · LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE

lieu de regarder ce chiffre comme faible ou fort, proportionnellement à l'ensemble de ce qui existait d'édifices pareils.

De l'énorme quantité de bâtiments, de donations et de fondations affectés, sur les deniers des particuliers, aux usages du culte, et que des inscriptions de l'Italie et de toutes les provinces nous font connaître, une partie doit, sans doute, son origine à des mobiles autres que ceux de la religion ; mais il y a tout fiussi peu de raison de douter que la grande majorité de ces offrandes et dons pieux aient été faits, par les donateurs, pour mériter la grâce des dieux, la conserver, ou tranquilliser des consciences timorées ; car beaucoup de ces dons, aux termes des inscriptions qui les mentionnent, ont eu pour objet l'accomplissement d'uTie vision, d'un ordre, ou d'un avertissement delà divinité, donné en songea On peut admettre, d'après ces témoignages, que, dans tout l'empire romain, une très-grande partie des temples ont été construits aux frais de particuliers qui, de plus, affectaient même, quelquefois, un capital supplémentaire à l'entretien du bâtiment*. En Italie notamment, oiî du temps d'Appien, c'est-à-dire sous Antonin le Pieux, les temples les plus riches, après celui de Jupiter Oapitoiin, étaient ceuxd'Antium, de Lanuvium et de Tibur, ainsi que le temple de Diane à Aricie', les municipaux aisés rivalisaient avec leurs compatriotes arrivés aux grandeurs à Rome, les pa-

' Voir* |»ar exemple, Orelll, 1344 et 1790.

' Comme, par exempîe, dans HenzeD, 5681 , raffectation de 100,000 H 8 à un temple de Vénus la Chauve (?) dans l'Eifel, en l'an 124 après Jésus-Christ.

» Appien, //. C, V, 24.

trons et autres protecteurs de leurs villes S à témoigner de leur munificence et de leur attachement pour le lieu de leur origine avant tout, en y pourvoyant aussi dignement à la dotation des édifices sacrés. Ainsi, par exemple, un certain P. Lucilius Gamala fit ériger à Ostie, au temps d'Auguste, un temple de Vulcain, et reconstruire à neuf les temples de la Fortune, de Gérés et de l'Espérance^; un couple d'Assises fit bâtir un temple de Castor et Pollux, à ce qu'il paraît, en y joignant les statues de ces dieux ; dans l'île de Malte, un particulier dépensa, pour la construction d'un temple d'Apollon en marbre , la somme de 110,792 1/2 sesterces, et ainsi de suite ^ Cependant, les grands propriétaires ne négligeaient pas non plus de prendre soin des temples ruraux , situés sur leurs domaines : ainsi Pline le Jeune agrandit et embellit, en le restaurant, un temple délabré de Gérés, sur une de ses terres.

Outre les constructions nouvelles de bâtiments entiers, ainsi que les restaurations et l'achèvement de sanctuaires tombés en ruine S des inscriptions, gravées sur pierre, mentionnent, en très-grand nombre, des offrandes et des réparations de certaines parties et de bâtisses distinctes, de toute espèce, telles qu'autels, cuisines pour l'apprêt des sacrifices ^^ colonnes, frontons, parquets, ornements, etc., avec d'autres donations et fondations à pareilles fins. Les dons d'images des dieux, souvent très-précieuses, faits

* Orelli, 781 (Ummidia Quadrata). — Voir aussi ce qui a déjà été dit au tome I des fondations de Pline le Jeune, de Ciéandre, etc.

2 Mommsen, Rapports de la Société saxonne^ 1849, 296.

3 Henzen -Orelli, 6124, 6126.

* Exemples : Orelli, 1515; Henzen, 6669, etc. ^ /. R. iV., 5435 (Sulmo).

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