‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 132 sur 241 · LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE

aux temples, étaient surtout fréquents. Ainsi par exemple, une prêtresse, à Eclanum, donna une statue d'argent de la Félicité *; un officier, à Formies, légua une somme de 100,000 sesterces (27,187 fr. 50), qui fut employée à la confection d'un char de procession pour la déesse Minerve, et de tous les accessoires, auxquels on affecta cent livres romaines, soit 32,750 grammes d'argent*. Au sujet de la disposition testamentaire d'une dame^ ordonnant l'érection d'une statue de dieu de cent livres, avec la signature de la testatrice, dans un temple de sa ville natale, on souleva la question si les héritiers auraient la faculté de livrer une figure en bronze, ou seraient tenus de faire faire une statue d'argent ou d'or. Le célèbre jurisconsulte Cervidius Scévola, précepteur de Seplime Sévère, considérant qu'il n'y avait, dans ce temple, que des offrandes d'argent et de bronze, décida qu'il y avait lieu de fournir une statue d'argent ^ D'autres dévots faisaient au moins dorer les images des divinités révérées, soit la statue tout entière, ou certaines parties seulement comme, par exemple , les pieds , mais particulièrement le visage ou la barbe * : ainsi, à Corsinium, «une servante de la grande mère s'avisa une fois de faire raccommoder et dorer la grande mère, ainsi que de faire dorer les cheveux d'Attis et raccommoder Bellone ^ » Ou bien, on dotait les images des dieux, selon sa fortune, de leurs attributs, ou de toute sorte de bijoux et d'objets précieux. Ainsi quelqu'un fit faire de ses deniers, dans un temple, sui-

' Mommsen, Inscriptiones regni neapolUani, loy^.

' Ibld., 4093.

» Dig., XXXIV, 3, 88, S 2.

* Perse, II, ô5; éd. Jabo, p. 134.

vant l'inspiration d'un songe, un serpent, celui d'Esculape probablement'. A Ariminum, un augustale ordonna, par testament, l'érection d'une statue du père Bacchus, pourvue d'un collier d'or de trois onces, d'un thyrse et d'un gobelet d'argent de deux livres et demie ^ A Reïes (Riez, dans le midi de la France)^ un couple offrit à Esculape, en accomplissement d'un vœu , pour remercier le dieu des effets extraordinaires de sa puissance, éprouvés par ces époux, une statue en bronze du dieu du sommeil (peutêtre les avait-il délivrés de la torture de l'insomnie) et quelques objets de prix, tels qu'une chaîne d'or, formée de petits serpents, et des tablettes d'argent pour écrire '. Dans un lieu non déterminé une matrone offrit, en l'honneur de sa petite -fille, à la déesse Isis un objet consistant en une statue, ou quelque autre offrande, du poids de 112 livres 2/3 en argent, plus une parure en perles, émeraudes et autres pierres précieuses pour la tête , la gorge et d'autres parties du corps, comprenant entre autres, d'après un relevé : deux émeraudes et deux perles pour les oreilles , deux bagues de diamants pour le petit doigt, une d'émeraudes et de pierres diverses avec une perle^ pour le doigt suivant, uneémeraude en bague pour le doigt du milieu, et huit pierres précieuses taillées en cylindres, pour les souliers \ Il arrivait souvent aussi que l'on donnât aux temples des statues de dieux autres que ceux auxquels ils étaient consacrés ^, et que l'on fît, avec une application plus générale, des donations non relatives

2 Orelli,'1484; plus exactement Tonini, iîimmi, p. 331, 4.

' Ibid., 1572.

* Ibid., 2510.

' Exemple : Pline le Jeune, Lettres, III, 6.

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