‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 138 sur 241 · LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE

d'Apamée, en Bithynie, à Jérusalem, le préteur Gn. Fiaccus, par suite de sa défense d'exporter de l'or, frappa publiquement de saisie, en l'an 62 avant Jésus-Christ, près de cent livres d'or; mais celte somme n'en représentait probablement pas le produit total; des sommes moindres, provenant de la même taxe, furent confisquées à Laodicée, à Adramyttium et à Pergame \ A Antioche, en Pisidie, de même qu'à Iconium, en Lycaonie, saint Paul prêcha dans les synagogues ^ En Arménie aussi les juifs étaient nombreux.

Parmi les îles grecques, on nomme celles de Crète et de Mélos comme sièges de populations juives aisées, lesquelles, sous Auguste, soutinrent de la manière la plus large un prétendant qui se fit passer pour le prince Alexandre, assassiné par Hérode ^ La seconde femme de Josèphe était une juive de la Crète, de très-noble famille et de parents très-considérés dans le pays \ Dans l'île de Chypre aussi, oîi la commune de Salamine, notamment, est connue par les Actes des Apôtres , les juifs étaient nombreux, jusqu'à l'an 116; mais depuis les horreurs commises dans l'insurrection de cette époque, il leur fut défendu de jamais remettre les pieds dans cette île^ En Grèce et en Macédoine, les communes d'Athènes, de Corinthe, de Thessalonique, de Béroé et de Philippes sont également connues par les Actes des Apôtres \ Deux édits adressés

' Cicéron, pro Flacco, c. xxviii; inscription juive kSmyrue dans le Corpus I. C, 9897.

* Actes des apôtres ^ 13, 14 ; 14, 1.

> Josèphe, A. J., XVII, 12, 1 ; B. /., II, 7, 1.

* Le même, Vie, 76.

" Dion Cassius, LXVIIl, 32.

•Inscriptions judaïques k Égine (C. /. C, 989 i), Patras (9896), Athènes (9uoo).

par Arcadius, en 397, et par Théodose le Jeune, en 412, au préfet de rillyricum, qui comprenait alors la Macédoine et la Dacie, défendent d'y inquiéter les juifs et de les troubler dans leurs synagogues*. Avant Théodose II, qui les bannit de Constantinople, ils y avaient leur synagogue sur la place des Ghalcopraties, ainsi nommée d'après leurs usines \ Ils se répandirent aussi, de bonne heure, sur les côtes septentrionales de la mer Noire. Outre une commune juive d'Olbie^, on en connaît deux en Grimée par des inscriptions : celle de Panticapée, qui florissait vers l'an 89 de notre ère \ et celle d'Anapa, qui existait déjà en 42 avant Jésus-Christ ^ Dans les actes d'émancipation d'esclaves de ces localités, rédigés en grec, on fait pour condition que les affranchis restent fidèles au judaïsme. En outre, ou a récemment découvert dans le voisinage de Dschoufoutkalé (Judenbourg) et de Baktschi- Seraï, à un cimetière planté d'arbres antiques, un certain nombre de pierres tumulaires avec des inscriptions hébraïques, dont les plus anciennes paraissent remonter aux années 6 et 30 de notre ère^ D'après une ancienne tradition, il doit y avoir eu, dans la seconde moitié du quatrième siècle, une immigration en masse de juifs grecs

» Cod. Theodos., XVI, 8, 12 et 21.

2 Voir Cassel, article Juifs dans V Encyclopédie d'Ersch et Gruber^ p. 53.

3 Stephani {Parerga archœoL), dans le Bulletin de l'Académie de Saint-Pétersbourg, 1860, 1, p. 246.

* C. I. G., II, add., p. 1005, n° 2114; voir aussi p. 1006, n" 2126, et p. 1008, n« 2131.

> Stephani, l. c, p. 244, etc.

« Chwolson, Pierres tumulaires hébraïques de ta Crimée^ dans les Mémoires de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, Ville série^ 1X(1866), n«7.

Page 1