LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE
Sardaigne, « comme entachés de superstition judaïque et égyptienne ». En dépit de ces rigueurs, le nombre des juifs s'était, dès Tan 49 peut-être, de nouveau tellement accru, à Rome, qu'une nouvelle mesure de proscription, adoptée contre eux en considération des troubles intérieurs de la commune, ne put être que partiellement et très-imparfaitement mise à exécution ^ Les juifs de Rome aussi avaient une synagogue à Jérusalem; à Rome même, on connaît sept synagogues par des inscriptions ^ On n'a pu retrouver un cimetière découvert par Bosio, et qui servait principalement aux juifs de la région transtévérine, à la via Portuensis^ près de Colle rosato; mais il y en a un autre à la voie Appienne, devant la porte de Gapène, où ils avaient pris à ferme, au temps de Juvénal, le bosquet d'Égérie et des Camènes % et un troisième, passé l'église Saint-Sébastien , dans le voisinage de l'antique cimetière chrétien ad catacumbas'\ Les inscriptions sont en grande majorité grecques, en partie, il est vrai, dans un jargon souvent presque inintelligible, et qui paraît avoir été la langue de conversation et d'affaires usuelle des juifs. Il y en a de latines aussi dans le nombre, mais point d'hébraïques ^ Des mentions accidentelles nous présentent, dans les juifs romains, des gueux et des vagabonds,
'Dion Cassius, LX, 6; Tillemont, Histoire des empereursy etc., 11,481.
» Garrucci, Cimitero.... in vigna Rondanini, p. 38; puis, celles es Campenses (C. /. G., 9905, Orelli, 2522); des Augusleuses (C. /. G., 9902, etc.; Nuove Epigr. (Jiud., p. 11); des Agrippenses {CI. G. ,9907); des Siburenses {iOidcnif C447) ; des Volumnenses (Orelli, 2522, ou mieux Spon, Mise. y X, 220; Fabretti, 465, 101), et des Ela;euses (C. l. G., 9904). Une huitième (Calcaretensium ?) est douteuse.
'Garrucci, p. 3 (Juvénal, 111, 17, etc.).
' De Uossi, Bull, cr., 1867, p. 16.
' Garrucci, p. «3.
tels que des fripiers, des mendiants, des devins ^ Les tombeaux, ainsi que toute la disposition du cimetière trouvé par Bosio, étaient grossiers et pauvres, avec nulle trace de fragments de marbre ou de peinture, à l'exception du lustre à sept branches, grossièrement peint'. Mais, au cimetière de la voie Appiénne, on trouve des peintures et, dans le nombre, même des figures appartenant à la mythologie païenne, avec un sens probablement symbolique, mais non encore déchiffré ^ Au port du Tibre aussi, il existe des traces d'une commune juive^ qui a dû s'y établir de bonne heure \
Dans le reste de l'Italie, un des sièges principaux des juifs doit avoir été la ville de Pouzzoles, d'oîi ils se répandirent dans celles de la Gampanie. L'existence d'une commune juive y est attestée, à Gapoue, par l'épitaphe d'un préposé de la synagogue de cette ville ^; à Venusie, par des catacombes juives récemment découvertes ^ Lors du siège de Naples par Bélisaire, les juifs de cette ville offrirent d'approvisionner celle-ci de vivres, et opposèrent aux assaillants, quand elle fut prise, une résistance aussi opiniâtre qu'inattendue ^ Dans la Fouille et dans la
' Renan, Apôtres, p. 289. -- Procope {B. G., l, 9) parle aussi d'un devin juif.
' Bosio, Roma sotterr., p. 142, etc.
3 Garrucci, Cimitero, 65: Nuove Epigr., 2.
^ De Rossi, Bull, cr., IV, 40.
^ /. R. N., 6357 ; voir aussi l'article mentionné de Cassel, p. 144*
«O.Hirschfeld,^Mii.d./.,l867,p. 149.— De Rossi, comme auparavant déjà Marini, rapporte aussi la dénomination de « princeps liberlinorum » dans une inscription pompéienne, à une commune juive, parce que les juifs d'Italie, soit respectivement de Rome, sont appelés ainsi dans les Actes des apôtres, 6^ 9. (Bull. Crist., II, 69, etc. et 92). — Voir aussi Garrucci, Bull, nap., n, s., II, 1854, p. 8.
' Procope, B. G., ), 8 et 16.