LIVRE XI. J.A SITUAI ION RELIGIEUSE
Galabre, à la configuration des côtes de laquelle, il est, paraît-il, fait particulièrement allusion dans un midrasch*, les juifs formaient, au quatrième siècle, une si grande partie de la population que, d'après un édit impérial de Tan 398, le maintien des conseils communaux était mis en question, dans beaucoup de villes, parce que les juifs prétendaient ne pouvoir être obligés à se charger d'offices municipaux ^ Dans l'Italie moyenne et septentrionale, où leurs établissements sont, selon toute probabilité, aussi anciens que dans l'Italie méridionale, on n'en trouve que des traces bien postérieures. Grégoire le Grand, qui fait aussi mention, dans ses lettres, de la synagogue à Terracine, écrit à l'évêque de Luna de ne permettre, sur ses terres, à aucun juif de posséder des esclaves chrétiens, ce qui y était arrivé '\ Théodoric parle des juifs de Gênes comme d'une commune de la plus haute antiquité; celle de Bologne était aussi connue comme telle, et l'on a deux inscriptions judaïques de Milan*. Il est probable que des juifs ont habité la Sicile aussi de bonne heure et en grand nombre. Le questeur et accusateur supposé de Verres, Q. Gécilius Niger, était un juif, descent^ant d'affranchis ^ Dans les rescrits des papes, il est souvent parlé des juifs, à propos de l'administration des biens du patrimoine de l'Église, qui s'étendaient sur les deux Siciles et la Sardaig^ie.
' Nom d'homélies juives très-anciennes, en langue hébraïque.
2 Cassel, p. 141. — Code Théodosien, XII, l, 157, etc.
» Cassel, p. 147.
* Renan et le Blant, Hevm archéologique ^ 1800, 348. — Orclli, 25?.3 (Pola) : Malri pientiss. leligioni .lud.iica' meluenti(?).
' Plutarque, Cicéron, ch. vu. — Voir aussi Suidas, pour un autre Gécilius, Sicilien et juiT, ainsi qu une inscription judaïque de Syracuse (C. /. ^■., î>89.S).
D'après les lettres de Grégoire le Grand, il y avait des communes juives à Palerme, à Messine et à Agrigente. En 594, il ordonna de lui dresser un état de tous les domaines sur lesquels vivaient des juifs, afin de pouvoir faire remise d'un tiers de l'impôt à tous ceux d'entre eux qui se convertiraient ^ Il n'y a pas à douter que la colonie juive, envoyée de force par Tibère en Sardaigne, ne s'y soit multipliée; à Gagliari du moins, il y eut une communauté juive pendant des siècles ^
En Espagne, pays mentionné dans la Mischna et le Talmud, il ne s'est conservé, antérieurement au concile Illibéritain , tenu entre 300 et 309, comme on l'admet communément, et qui fait positivement mention des juifs % qu'une seule trace de ceux-ci : l'épitaphe d'un enfant juif trouvée à Abdère (Adra), dans la Bétique, et qui, d'après la forme des lettres, paraît être du commencement du troisième siècle*. Avec la conversion du roi Récarède au catholicisme, en 586, s'ouvre la série des mesures draconiennes prises dans le royaume des Visigoths contre les juifs ^ Des rapports juifs sembleraient aussi témoigner d'anciennes relations avec les Gaules. Archélaiis, fils d'Hérode, fut exilé par Auguste à Vienne ^ Relativement aux décurions de Cologne, Constantin arrêta, en 321,
J ' Cassel, p. 141.
^'ibid., p. 147, 65.
' Concil. lllib., can. 49, 50. 78.
* Hubner, C. I. L., II, 1982 : .... nia Salo | nula an. I | mens. IIIF, die I I .ludœa.
■' Casse], p. 57. — Le Blant et Renan placent l'inscription en trois langues (grec, latin et hébreu) d'une juive de Tortose (Dertosa) dans l'époque antérieure à ces persécutions, vers le sixième siècle ; Chwolson (p. 83), à cause du grec, la croit même antérieure à l'invasion des VisigoUis.
«.loscphe, A. /.,XVIi, 13, ')..