‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 143 sur 241 · LIVRE XI. LA SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. LA SITUATION RELIGIEUSE

lions répandues contre eux par des écrivains hostiles, et fondées principalement sur des sources égyptiennes *, contribuèrent à alimenter la haine qu'on leur portait. A en croire Tacite ^j ils apprenaient avant tout à leurs prosélytes à mépriser les dieux, à renier la patrie, à faire peu de cas des parents, des enfants, des frères et des sœurs. D'après Juvénal ^ Moïse aurait enseigné qu'il n'y avait lieu de ramener sur le bon chemin, quand ils s'étaient égarés, de conduire à la source, quand ils étaient près de mourir de soif, que les circoncis seuls. Suivant Apion, les juifs, au temps du roi Antioche Épiphane, engraissaient, chaque année, un Grec avec des friandises, l'offraient ensuite solennellement en sacrifice, à un jom' déterminé, dans une forêt, mangeaient ses intestins et juraient, pendant cet horrible repas, une haine éternelle aux Grecs*. A l'animosité haineuse contre les juifs venait se joindre le mépris qu'ils encouraient, par l'humilité de leur condition et leur état misérable, leur malpropreté répugnante, leur méticuleuse observance de tant de pratiques et de préceptes sans fondement apparent, ridicules, bizarres, et dont on se moquait comme de superstitions. Après la circoncision, ce dont on riait le plus, c'était leur abstinence de la viande de porc, dont la populace, dans ses emportements tumultueux, comme dans l'émeute contre les juifs d'Alexandrie, par exemple, décrite par Philon, s'efforçait de les contraindre à manger ; c'était aussi leur attachement inviolable au repos du sabbat, {)ar lequel, comme dit Sénèque, ils perdaient la

• Gieseler, Précis d'hist. ecclés., 4» éd., I, l, 51, 4 (ea allem.). » sut., V, 5.

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