‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 151 sur 241 · LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE

père nourricier de Marcie, et alors ancien [presbyter] ou ministre de la commune, de décider, par ses démarches, le procureur de Sardaigne à le relâcher également. Victor n'en fut pas content; cependant il se borna à fixer Antium pour séjour au libéré, qui y vécut d'un secours mensuel. Les événements que Ton vient de raconter s'étaient passés de 186 à 190 environ \

Après la mort de Victor, Galixte sut se mettre en faveur auprès du successeur de ce pape , Zéphyrin, homme simple d'esprit, s'il faut en croire l'assurance de l'auteur, sans érudition, ignorant même en matière de doctrines théologiques, et de plus corruptible, comme il avait soif d'argent. Zéphyrin l'appela donc à Rome^ où il le préposa à la garde d'un nouveau cimetière, fondé par lui. Galixte sut manœuvrer de façon à faire croire, à chacun des partis en zizanie dans la commune , qu'il était de son bord, et parvint ainsi à se faire élire évêque. Gomme tel, il débuta par une hérésie pernicieuse, en prétendant que le Père et le Fils ne faisaient qu'un, fonda une école, et promit, à qui y adhérerait, la rémission de ses péchés. Nombre de gens, dont la conscience était troublée, et parmi lesquels il s'en trouvait même que l'auteur avait expulsés de la commune après sentence, se rallièrent à cette école. Galixte enseignait qu'un évêque ne saurait être destitué môme pour un péché mortel; il institua des évoques , des anciens et des diacres vivant en secondes et troisièmes noces, et laissa en place les ecclésiastiques qui se mariaient. D'après son interprétation de la sentence : «Laissez l'ivraie croître avec le froment, » les pécheurs devaient rester dans la commune, dont le symbole était, selon lui, l'arche de

' De Rossi, ttuU. cr„ 1866, p. 7.

3i4 CIVILISATION ET MŒURS ROMAINES.

Noé, qui renfermait des animaux purs et impurs. Il usait d'une indulgence coupable, notamment avec les grandes dames, auxquelles il permit de vivre avec des esclaves ou des hommes de condition inférieure, avec lesquels elles ne pouvaient contracter mariage, sans encourir la déchéance de leur rang, et la répugnance de ces dames à élever les enfants qu'elles avaient d'eux les conduisit à de nouveaux crimes. Ainsi, cet évêque impie enseignait le meurtre en même temps que l'adultère. C'est aussi sous son épiscopat, et de la part de ses adhérents, qu'eut lieu ^la première tentative de l'introduction du second baptême.

La vérité matérielle des faits ci-dessus rapportés ne peut former l'objet d'aucun doute; mais il n'est pas moins certain qu'ils ont été groupés, interprétés et commentés dans le sens le plus hostile. Nous n'examinerons pas ici jusqu'à quel point la doctrine de Galixte et sa manière d'exercer la discipline ecclésiastique comportent une appréciation plus favorable. M. de Rossi s'en est chargé*. La manière, toutefois, dont l'auteur du récit présente les faits, ne permet pas de concevoir comment Galixte avait pu être choisi, par élection, pour chef de la même commune qui l'avait connu criminel vulgaire. Il y a là une lacune dans le silence complet, relativement à son entrée dans les ordres du moins, et probablement encore omission de bien d'autres choses dont la connaissance aiderait à faire comprendre le fait d'une élévation pareille, après un tel passé. Il semblerait que Galixte était devenu l'archidiacre dudit pape Zéphyrin. Or, comme tel, il était

' Bull, cr., 1866, no 1 : Esame archeol. e critico délia storia di S. Callisto narrata nel libro nom de' Filoso fument . P. II : Délia dottrina dommatica e délia disciplina ecclesiastica.

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