‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 152 sur 241 · LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE. SUi · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — LA SITUATION RELIGIEUSE. SUi

chargé de l'administration de la caisse communale, de la distribution des traitements aux ministres de Féglise et de celle des aumônes aux veuves et aux orphelins. Il devait être difficile à un homme, dans cette position, d'éviter de faire des mécontents ; mais il n'est guère admissible qu'il eût pu arriver à être élu évêque, si sa gestion (de dix-huit ans) n'avait pas été tout à fait irréprochable ^

Au nom de Galixte se trouve indissolublement liée la mention d'un établissement vénérable, de la plus haute importance pour l'histoire de la primitive Église et qui forme, en même temps, l'objet d'une des découvertes les plus brillantes qui aient été faites sur le domaine de l'archéologie. Cette place de sépulture nouvellement organisée par Zéphyrin, près de la voie Appienne, sur les terres des Céciliens^ a été, tout porte à le croire, le premier cimetière reconnu par l'État de la commune chrétienne de Rome, tandis qu'auparavant les sépultures avaient lieu sur les fonds des particuliers membres de celle-ci, et leur conservation était attachée à celle des titres de propriété sur ces mêmes fonds. C'est à l'infatigable génie d'exploration de M. de liossi que l'on est redevable, depuis 1854, de l'heureuse découverte de ce cimetière, depuis lors appelé Cimetière de Calixte, et qui fut jadis le champ de repos des papes, jusqu'à Miltiade, qui mourut en 314.

Le récit de l'auteur anonyme rappelle ce que l'on oublie parfois, à savoir qu'il devait être impossible aux communes chrétiennes de se séquestrer entièrement du reste du monde, qu'elles étaient continuellement entraînées à subir leur part des infirmités et des maux de la civilisa-

» De Rossi, Bull, cr.y I8fl«,p. 7.

tion du temps \ Que les apologistes de la nouvelle religion ne vissent ici qu'amour et concorde, là que haine et persécutions mutuelles % on le comprend. Comparez, ditOrigène% les communes chrétiennes d'Athènes, de Gorinthe et d'Alexandrie aux communes païennes de ces mêmes villes: dans les premières régnent la douceur et la paix, parce qu'on y a le désir de plaire à Dieu; dans les secondes, qui ne leur ressemblent en rien, l'esprit de révolte. Les chefs aussi et les anciens des communes de Dieu, même les négligents et les moins parfaits parmi eux, vous les trouverez toujours plus avancés sur le chemin de la vertu que les chefs de la bourgeoisie civile. Il est vrai qu'à cette époque l'explosion de la discorde religieuse était encore comprimée par la persécution qui sévissait sur tout le monde chrétien; mais un siècle et demi plus tard, en 367, quand les différends ecclésiastiques se vidèrent à Rome par des combats sanglants, un païen, homme bienveillant et raisonnable, put dire qu'il ne connaissait pas de bête sauvage aussi funeste à l'homme, et enragée contre lui, que l'étaient la plupart des chrétiens les uns contre les autres \

Quelque nombreuses que fussent les causes dont le concours favorisait la propagation de l'évangile, il est certain que celui-ci n'avait encore trouvé que des partisans isolés dans les hautes classes, avant le milieu ou même la fin du deuxième siècle. Dans celles-ci non-seulement l'éducation philosophique, ainsi que tout l'ensemble d'une éducation intimement liée, dans toutes ses parties,

* Reuraoat, Histoire de la ville de Rome, l, 550 (en allem.). ' Ainsi Tertullien, Apol., çh. xxxix.

3 Contre Celse, III, 30.

* Ammien Marcellin, XXII, 5, 4; voir aussi XXVJI, 3, 12.

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