‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 219 sur 241 · LIVRE Xll. — IMMORTALITÉ DE l'aME · texte numérisé non relu

LIVRE Xll. — IMMORTALITÉ DE l'aME

de l'essaim qui forme le cortège de Bacchus, celte masse bigarrée et confuse de bacchantes, de ménades, de satyres, de pans et de centaures, dont l'exubérance dévie, dans les images ornant les sarcophages et les urnes, a raison de la mort elle-même^ « les cendres renfermées dans ces réduits silencieux semblant encore prendre leur part des plaisirs de la vie, » suivant l'expression de Goethe. Le dieu luimême, par sa résurrection delà mort, garantissait aussi, d'après la doctrine d'Orphée, l'immortalité aux croyants initiés à ses mystères ^ Ariane, élevée par lui au ciel, était regardée comme un éclatant exemple de l'âme affranchie de la condition mortelle et mise à l'abri dans un monde supérieur, et les jubilations, les transports d'allégresse du cercle bachique, formaient, on l'a déjà dit, le symbole du bonheur que Ton espérait trouver dans l'autre monde. Les troupes et chœurs de néréides et de dieux marins, se berçant sur les vagues de l'Océan, ainsi que les jeux folâtres des Amours, sembleraient aussi faire allusion à l'état des bienheureux. Des deux côtés de la voie Latine, près de Rome, ont été découverts, en 1857 et 1858, deux mausolées considérables à deux étages, se faisant face et appartenant à la seconde moitié du deuxième siècle de notre ère. La voûte de la chambre principale de l'étage inférieur de l'un, qui contenait trois sarcophages, est richement ornée de reliefs en stuc. Un médaillon, placé au milieu, montre l'âme du défunt, représentée par une figure voilée qu'un vieillard élève vers le ciel; il est entouré de 24 autres médaillons avec des bacchantes et des néréides, ainsi que d'Amours, sur de petits panneaux carrés *.

• Plutarque, Cons. ad ux., c x.

' Jahn, dans les Rapports de la Société saxonne^ 1869, p. 1, etc., a publié, d'après le cod. Pt^Aian., le dessin d'une peinture do plafond,

Bien que la question de savoir si, même dans la petite minorité des hommes instruits, la croyance à Timmortalité de l'âme comptait plus d'adversaires que de partisans convaincus, doive rester indécise, il n'est pas do\iteux que, dans les masses, une immense majorité resta, pour le fond, à toutes les époques, fermement attachée aux idées que l'on s'était faites de la vie persistante des âmes au-delà de la tombe, et cela malgré toutes les modifications que ces idées, propagées par la tradition de siècle en siècle, depuis la plus haute antiquité, avaient subies dans le cours des temps. La croyance de l'homme à la persistance de sa durée se fonde sur un des instincts et des besoins les plus impérieux et les plus universellement répandus de l'âme humaine. C'est ce que confirme l'étude de la condition de tous les peuples vivant à l'état de nature, ainsi que celle du développement de la culture des plus anciens peuples civilisés, bien qu'il n'y ait pas là non plus manque d'exceptions.

Cette croyance remonte, chez les peuples indo-germaniques notamment, bien au-delà des commencements de toute tradition. La croyance à l'immortalité de l'âme est

provenant d'un monument funèbre, dos environs de Rome selon toute probabilité. Le sujet principal, une figure sur un quadrige, représentant sans doute le défunt porté au ciel, est entouré d'images accessoires, qui se rapportent à la vie d'outre-tombe et comprennent les Danaïdes, Hercule et Alceste, Apollon et Marsyas, Cupidou et Pan, devant Bacchus et Ariane. Toutes ces figures correspondent à des reliefs de sarcophages, et sont elles-mêmes entourées de figures moindres encore, parmi lesquelles il y ^ nombre de petits Amours. •

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