LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES
était regardée comme un attribut de dignité extérieure aussi nécessaire à l'érudit, au poëte surtout, que la barbe au philosophe*. Quand Oppien se trouva mauvaise mine, dit Martial ^, il commença à écrire des vers.
Cependant la description de Juvénal, outre qu'il charge par trop les couleurs, manque aussi d'exactitude, en ce qu elle présente l'indigence et le besoin comme le sort inévitable et fatal de tous les poètes dépourvus de fortune et répugnant à une industrie. Il est certain que^ dans ce caSjComme dans toutes les circonstances oîi la production littéraire n'est pas immédiatement réalisable avec profit, ils n'avaient absolument pas d'autre ressource que la faveur et la libéralité des riches et des grands; mais peut-être aussi leur étaient-elles plus largement acquises qu'à nulle autre époque ; car, alors, régnait toujours encore l'opinion, généralement répandue dans toute l'antiquité grecque et romaine, que la richesse, la noblesse et une haute position imposent de grandes obligations, et que la possession d'une grande fortune, notamment, oblige à faire beaucoup, non-seulement pour le bien public, mais aussi pour les particuliers, en mettant le riche en devoir de disposer largement de son superflu, en faveur de plus pauvres que lui. On attendait particulièrement des grands de Rome l'exercice d'une libéralité princière, et comment celle-ci ne devait-elle pas profiter tout particulièrement aux poètes, à une époque où l'intérêt pour la poésie était aussi vif et aussi général? Il est vrai, toutefois, qu'elle ne s'exerçait plus sur une échelle aussi grandiose qu'autrefois.
ment déjà fait sous Trajan, ne se trouve uui avec ce qui précède que par l'effet d'un raccordement poslcricur, assez maladroit. ' .lahn, ad Persiurtif I, 9A.