‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 52 sur 241 · LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES · texte numérisé non relu

LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES

gracieux cependant ^ En général, il paraît qu'il n'obtint jamais de l'empereur rien qui déterminât une amélioration réelle de sa position, bien qu'il trouvât toujours de nouveaux tours de phrase pour mendier, dans ce but, K sans timidité, ni embarras », car nous ne voyons nulle part, dans ses vers, qu'il remercie de présents reçus. Il ne put même, paraît-il , obtenir la faveur que l'on fît passer un tuyau de l'aqueduc Marcien sur son bien de campagne et à sa maison de ville ^. Ceci doit surprendre d'autant plus que Domitien aimait à lire les poésies de Martial, qui n'eut pas, autrement, osé se prévaloir, à diverses reprises, de l'approbation de l'empereur \ Aussi notre poëte était-il infatigable, quand il s'agissait de gagner, fût-ce par le moyen des plus basses flatteries, la faveur des affranchis et autres personnes influentes de la cour ; il fait l'éloge de tous en général et flatte, en outre, chacun d'eux en particulier, dans plusieurs poésies : ainsi le camérier Parthénius, le chef de l'office des pétitions et requêtes Entelle, l'inspecteur des tables Euphème, l'échanson Éarin, TÉgyptien Grispin, qui fut probablement préfet du prétoire, qualifié de bouffon de cour par Juvénal, le vieil Étruscus, déjà retraité, et un certain Sextus, qui paraît avoir été conseiller du cabinet d'études de l'empereur. Cependant Martial, pendant un séjour de vingt ans à Rome, s'était procuré, dans l'aristocratie aussi, de nombreuses relations, qu'il s'appliquait à conserver et à multiplier, en conférant, comme il dit lui-même, une gloire durable au plus grand nombre possible d'hommes haut

' Martial, VI, 10.

' Imhof, Domitien, 138. — Martial, XI, 18.

» Martial, lY, 27; V, 6; VI, 64, 14; VII. 12.

placés, par des mentions honorables dans ses poésies, ces hommages dussent-ils ne rien lui rapportera C'est probablement par suite de ses anciennes relations avec les Sénèque qu'il s'était lié aussi avec Q. Ovide, qui avait accompagné en Sicile, dans l'exil, Gésonius Maximus, un ami du philosophe Sénèque ^ Cet Ovide était, d'ailleurs, aussi le voisin de campagne de Martial, près de Nomentum^ Dans le grand nombre d'hommes de condition sénatoriale auxquels Martial adresse des hommages, ou des flatteries, dans ses épigrammes, auprès desquels il mendie, ou quMl prie d'agréer ses remercîmenls, pendant les douze dernières années de son séjour à Rome (de 86 à 98), et le temps qu'il passa ensuite en Espagne, jusqu'à l'an 101 ou 102^ figurent le poëte Silius Italiens (consul en 68) et ses fils*, Nerva, qui devint plus tard empereur^, le riche orateur Régulus*^, devenu fameux par l'office d'accusateur qu'il remplissait dans les procès de lèse -majesté, les frères Domitius Tullus et Domitius Lucain, tous les deux immensément riches \ le poëte Stertinius Avitus (consul en 92), qui fit poser, en l'an 94, l'image de Martial dans sa bibliothèque % PUne le Jeune (consul en l'année 100)^^

* Martial, V, 15.

- 2 Le même, VII, 44, etc. (Sénèque, Lettres, 87, 2); IX, 52, etc. ; X, 44 (au sujet d'un voyage d'Ovide, déjà vieux, dans l'île de Bretagne). 3 VII, 93; voir aussi 1, 105, IX, 98; XIII, 119.

* Martial, IV, 14 (peut-être la pièce de vers par laquelle il s'introduisit auprès de lui); VI, 64, 10; VII, 63; VIII, 66; IX, 86 ; XI, 48, etc.

6 I, 12, 82, 111; II, 74,93; IV, 16 ; V, 10, 63 ; VI, 38; VII, 16, 21; voir aussi V, 28, 6.

M, 36; III, 20; IX, 51 (pour Lucain ; quanta Tullus, voyez Pline le Jeune, Lettres, VIII, 18); voyez aussi V, 28, 3.

« IX, Prœf. ; X, 96. — Henzen-Orelli, 6446.

'J Martial, X, 19. — UommsQu y Renseigneinenis biographiques sur

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