‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 54 sur 241 · LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES · texte numérisé non relu

LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES

de l'empereur; il chanta j outre les deux Étruscus et le jeune eunuque Éarin, surtout le secrétaire de l'empereur, Abascantus. Des protecteurs de Martial, Arruntius Stella, Polla Argentaria, l'épouse de Lucain, et Atédius Mélior, comptaient aussi parmi ceux de Stace. Nombre de sénateurs visitaient les lectures fréquemment tenues par lui, comme il paraît ^ Stace a chanté plusieurs de ses patrons et amis de rang sénatorial : ainsi le vieux, consulaire et préfet de la \ille, Rutilius Gallicus, le jeune Vettius Grispin et Mécius Geler; mais il conserva aussi des relations d'amitié avec des hommes de l'ordre équestre, tels que Septime Sévère, bisaïeul de l'empereur de ce nom, ainsi qu'avec de riches amis des lettres, qu'il avait connus à Naples, ville de ses pères\

Mais, malgré toutes ces nombreuses relations, si ardemment recherchées et si religieusement cultivées, avec les grands et les riches, et malgré l'approbation générale que leurs vers trouvaient aussi dans ces cercles, les deux poètes restèrent pauvres. Pour Stace, nous /Je savons par un passage cité plus haut de Juvénal, car. l'auteur des Silves ne manquait pas tellement de dignité, qu'il ne cessât de se plaindre et de mendier, dans ses poésies, comme Martial. 11 possédait, il est vrai, près d'Albe, un petit bien, cadeau d'un de ses patrons probablement, mais de

' stace, Hilves, V, 2, 160.

'* Mentionnons encore, pour compléter la liste des patrons et amis de Stace, les sénateurs Plotius Grypus, Victorius Marcellus, connu comme ami de Quintilien, Manilius Vopiscus, propriétaire de la magnilique villa tiburline {Silves, l, 3), le jeune et riche Flavius Ursus, le chevalier Junius Maximus, Nonius Vindex, l'oUius Félix, riche particulier de Pouzzoles, retiré dans sa villa, près du Sorreulu, Polla, sa femme, et le Napolitain Jules Ménécrate, son gendre.

pauvre mine et sans inventaire de bétair, et il est difficile d'admettre qu'à l'époque où il était parvenu à l'apogée de sa gloire, comme poëte, l'insuccès au concours du Gapitole l'ait seul déterminé à vouloir retourner dans son pays et terminer ses vieux jours dans sa ville natale \

Martial aussi possédait, depuis l'an 86 déjà, près de Nomentum, un petit vignoble, qu'il devait peut-être, comme on peut l'admettre aussi pour celui de son voisin de campagne, Q. Ovide, ami de Césonius Maximus, Fin* time du philosophe Senèque, à la munificence de celuici, grand propriétaire de vignes dans ce canton, ou de ses héritiers^; mais ce n'était, paraît-il, qu'un lopin de terre sec, déboisé, et qui, outre un vin médiocre, ne produisait que du fruit pire encore, des « pommes comme du plomb * )) . Il est vrai aussi que Martial n'était rieti moins qu'un agronome. Quand son ami Stella ne lui envoyait pas de tuiles, pour réparer le toit de sa maisonnettCj la pluie y entrait ^ et le principal avantage qu'il retirait de cette propriété était de pouvoir s'y récréer, quelquefois, des tourments de sa position de. client, et dormir son soûH. Dans les derniers temps de son séjour à Rome, on lui avait fait présent d'un attelage de mules, et il possédait aussi une petite maison en ville*, non loin du temple de Quirinus^ après avoir auparavant

^ Silm, IV, 5.

2 Ibidem, III, 5, 12.

3 Martial, I, 105; VII, 73;X, 44.

* Xïl, 57; X, 58, 9; XIII, 15; X, 48, 9j 94, 4; VII, 91 ; XIII, 42. ^ VI, 43, 4 ; VII, 36.

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