‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 55 sur 241 · LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES · texte numérisé non relu

LIVRE X. — LES BELLES-LETTRES

demeuré en location à un troisième étage*. Cependant il ne parvint pas à se faire une existence indépendante et libre de soucis, mais dut, à l'âge de cinquante-sept ans^, finir par se résoudre à quitter Rome, dont l'atmosphère était sa \ie, pour aller terminer ses jours dans sa patrie, l'Espagne, où le bon marché de toutes choses et la libéralité de quelques protecteurs, appartenant au pays, le mi^ rent à même de faire le paresseux à cœur joie, et de se donner toutes les aises après lesquelles il avait si longtemps soupiré ^

Si, dans cet état de dépendance des poètes vis-à-vis d'un patron, la plus noble interprétation de ce lien, des^ deux parts^ pouvait seule exclure entièrement le danger d'une humiliation constante des premiers, ce danger ne faisait naturellement que s'accroître avec ce qu'il y avait de précaire et de gêné dans leur situation, et l'on voit, par l'exemple de Martial, qu avec des natures faibles et communes, la position de client conduisait, presque fatalement, à l'abus du talent poétique et à la dégradation de la personne* Non-seulement Martial rappelle mainte fois à ses lecteurs, en général, et à ses patrons, en particulier, qu'un poëte a besoin d'argent avant tout*, et mendie instamment, ne fût-ce que pour avoir une toge, un manteau^ ou quelque bagatelle semblable '^ ; il ne recule même pas devant cet aveu cynique, que sa muse était à la disposi*

^ XII, 18. Dond'uue propriété que lui fit Marcel la (XII, 21 et 31).

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