‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 3)Chapitre 65 sur 241 · LIVRE X. LES BELLES-LETTIŒS · texte numérisé non relu

LIVRE X. LES BELLES-LETTIŒS

disait-on, un livre écrit «tout entier dans la maison de Properce ». Dans la suite, il se:tourna vers la poésie lyrique, 011 il reproduisît Horace avec la même fidélité \ Pour le grand nombre de ceux qui satisfaisaient leur ambition poétique , en s'amusant à faire des bagatelles , des épigrammes et toute espèce de drôleries en vers*, Catulle était évidemment, à cette époque encore, comme au temps d'Auguste déjà, le modèle le plus généralement copié; même les épigrammes d'un poëte tel que Martial, certainement un de ceux, de l'époque postérieure, qui eurent le plus d'originalité, sont pleines de réminiscences de Catulle. J'envoie , dit-il \ mes petites pièces de vers à Silius, me souvenant que le tendre Catulle avait aussi, peut-être, osé envoyer, au grand Virgile, sa complainte sur la mort du moineau. Cette dernière poésie de Catulle paraît avoir été, en effet, le modèle de rigueur pour tous les sujets analogues, imité mainte et mainte fois indéfiniment, comme tout porte à le croire *. Martial , dit (I, 7) à Stella, pour le flatter, que celui-ci s'est, dans sa Colombe^ montré supérieur à Catulle autant que le pi-

• Pline le Jeune, Lettres^ IX, 22; voir aussi VI, 15.

"^Ibidem, IV, 14, 9 : Proinde sive epigraramata, sive idyllia, sive eclogas, sive ut mulli poematia.... vocare malueriiit. — Du j)oète amateur, qui ne recule devant aucun genre, Martial (II, 7, 3) dit : Componis belle mimos, cpiLMammata belle. On cite, comme épigrammatistes, Cosconius, donl h mis n'avaient rien d'obscène (Martial, III, 69) et Cyrénius (VlU, i Hj, ainsi qu'Arrius Antonin (Pline le Jeune, Lettres, IV, 3, 18, et V, 15), déjà mentionné comme auteur d'épigrammes et d'ïambes grecs. Sentius Augurin faisait des riens poétiques {poematia)^ dans le genre de Catulle (Pline le Jeune, Lettres, IV, 27 ; IX, 8). Les poésies de Proculus {Ibidem, HI, 15) et de Faustin (Martial, I, 25) appartenaient aussi à ces menus genres, dits libelU.

» Martial, IV, Vi,

* I, 109. — HermèSt 1, 1, 68.

T. IV. u

geon l'emporte sur le moineau en grosseur. Un parent de Martial, l'Espagnol Unique, écrivit des poésies d'amour, comme celles de Catulle à Lesbie, ou celles d'Ovide à Gqrinne ^ L'ami de Pline le Jeune, Pompée Saturnin, orateur et historien distingué , faisait accessoirement aussi des vers, à l'instar de Catulle ou de Calvus , pleins de grâce , de douceur, d'amertume ou de passion, et à l'élément tendre et enjoué desquels s'alliait une légère dose de sévérité, toujours comme dans Catulle ou Calvus ^ Aussi ne serait-ce pas trop injuste qu'on l'admirât moins, d'autant moins qu'il est encore en vie, ajoute Pline. Ce dernier entendit, avec le plus grand plaisir et admiration même, un autre de ses amis, Sentius Augurin, faire la lecture de ses menues poésies, pendant trois jours de suite; il y trouva tout plein de finesse, beaucoup de choses sublimes, gracieuses ou tendres, pleines de douceur ou pleines de fiel : depuis plusieurs années, il n'avait été rien écrit de plus. parfait en ce genre, dans l'opinion de Pline, à moins de partialité de sa part, par suite du grand éloge que le poëte avait fait lui-même de notre écrivain ; car il avait dit que celui-ci chantait en vers brefs, comme jadis Catulle. Calvus et les anciens I Mais à quoi bon nommer les anciens."^ Pline, qui faisait lui aussi de petits vers, valant à lui seul tous ses devanciers^

L'exemple de Pline le Jeune , qui ne commença qu'après être déjà consulaire, à l'âge de plus de quarante ans, « à marcher dans les sentiers de Catulle, » et qui raconte, en entrant dans les plus grands détails*, l'his-

• Martial, XII, 44.

2 Pline le Jeune, Lettres, I, 16*

3 Ibidem, IV, 27 ; IX, 8.

^ Mommsen, Hermès, III, 105, etc.

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